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Formateur certifié sur le Processus de Production du Handicap (PPH) au sein du Réseau International du PPH
Conférencier : école inclusive, scolarisation des élèves sourds et handicapés, approches conceptuelles du handicap
Administrateur d'une association régionale de formation en travail social
Carrière professionnelle :
J'ai d'abord exercé comme enseignant spécialisé auprès de jeunes sourds. J'ai ensuite exercé différentes missions d'encadrement dans des établissements et services du secteur médico-social. Parallèlement, j'ai été formateur dans différents organismes. J'ai publié de nombreux articles dans des revues professionnelles, et un ouvrage aux éditions l'Harmattan en 2004.
Je suis en retraite depuis l'été 2016.

mardi 13 novembre 2018

des raisons pour ne pas inclure

Des raisons pour ne pas inclure


Au-delà du consensus inclusif, s’appuyant sur la célébration permanente de l’école ou de la société inclusive, et reconnaissons-le, sur un certain nombre de dispositifs réglementaires et organisationnels la favorisant, il y a de nombreuses résistances à cette orientation. Parmi celles-ci, on en trouve de très fortes dans les organismes chargés de l’accompagnement des personnes handicapées et chez les professionnels qui y travaillent.

mercredi 7 novembre 2018

une sanction en raison du handicap

Une sanction en raison du handicap


Un jeune garçon, Thierry, avec un diagnostic de troubles des apprentissages (caractérisés par la dysphasie et de la dyslexie) est orienté vers un Institut d’Education Sensorielle accueillant cette catégorie de population. Le dispositif dans lequel il est accueilli (une classe spécialisée) est externalisé dans un collège, permettant une participation sociale sur les temps non scolaires (récréations et temps de restauration) et une participation scolaire sur quelques rares temps de cours dans les classes de collège. Participation scolaire qui n’a été mise en place non sans quelques résistances d’ailleurs : effectifs non pris en compte dans le décompte de la classe, en trop donc ; exigence de la présence de professionnels spécialisés avant même toute analyse des besoins des jeunes, etc.

mercredi 31 octobre 2018

sourd, implanté, et dysphasique ?

Sourd, implanté, et dysphasique ?


Marie est une enfant sourde de 10 ans. Ses parents ont fait le choix d’une scolarisation auprès de leur domicile, dès la maternelle, puis à l’école élémentaire. Tout au long de sa scolarité, elle a bénéficié d’un accompagnement par un service spécialisé, qui a varié en nature et en quantité au fil des années : séances d’orthophonie, soutien aux apprentissages scolaires, langue française parlée codée sur certains temps de classe. Dès le début de sa scolarisation également, ses parents choisissent de la faire rencontrer d’autres jeunes enfants sourds ; elle y pratique un peu la langue des signes. Au sein de la famille, la communication orale est largement privilégiée, avec des résultats estimés satisfaisants, et les parents ne s’interdisent pas l’utilisation de quelques signes issus de la langue des signes.

vendredi 26 octobre 2018

une procédurisation pléthorique

Une procédurisation pléthorique


On a pris conscience aujourd’hui qu’un excès de procédures, de préconisations et de réglementations (aviation, industrie, administration) pouvait conduire à des contre-performances de production, à des impossibilités de décision voire encore pire à des accidents industriels et humains. Sans atteindre les sommets des milliers de procédures qu’on trouve dans l’industrie, le secteur médico-social s’imprègne progressivement de cette nécessité (autant idéologique que fonctionnelle) pour mettre en place des procédures plus ou moins encadrées et précises pour les moindres des interventions des professionnels du secteur.

vendredi 19 octobre 2018

donner plus à ceux qui ont plus...

Donner plus à ceux qui ont plus...


Des enseignants spécialisés viennent me faire part des besoins d’enseignement spécialisé (c’est-à-dire du travail qu’ils vont fournir) qu’ils ont évalué pour des jeunes sourds au collège. Ces jeunes sourds constituaient deux groupes ; le premier groupe comportait quatre jeunes sourds complètement inclus dans une classe du collège, accompagnés sur toutes les heures de cours par des enseignants spécialisés ou des interfaces en langue des signes ; le second groupe, comprenant cinq élèves ayant davantage de difficultés dans les apprentissages et du retard scolaire par rapport aux élèves de leur âge, bénéficiait d’un enseignement spécialisé en petit groupe pour l’essentiel des cours, sauf en arts plastiques et en éducation physique et sportive, où ils étaient inclus, et accompagnés, dans une classe du collège.

lundi 15 octobre 2018

l'externalisation, sens et essence

L'externalisation, sens et essence


On parle beaucoup d’externalisation(s) dans de nombreux champs (politique, économique, industriel), et maintenant aussi, avec insistance, dans l’école et dans le médico-social. Mais pas toujours avec les mêmes significations. L’externalisation est un processus qui consiste à faire ou réaliser quelque chose (un produit, un service) hors de son propre système. Il est curieux de comparer l’utilisation organisationnelle et professionnelle de ce terme dans ces deux secteurs voisins et collaboratifs dans la scolarisation des élèves en situation de handicap que sont l’école et le secteur médico-social.

mercredi 10 octobre 2018

"on n'est pas une école"

"On n'est pas une école"

« On n’est pas une école » entend-on parfois, et même trop souvent, dans les établissements et services spécialisés du secteur médico-social scolarisant ou accompagnant la scolarisation de jeunes sourds. Et cette assertion, on peut l’entendre tant dans le discours institutionnel que dans les propos de certains des professionnels.

vendredi 5 octobre 2018

"les sourds, c'est pas pareil"

"Les sourds, c'est pas pareil !"


Les sourds font partie des personnes handicapées : c’est une évidence pour le sens commun comme pour les politiques sociales et médico-sociales. Mais il importe de se méfier des évidences. Les personnes sourdes elles-mêmes ne s’identifient pas comme personnes handicapées : « Les sourds, c’est pas pareil ! ». Cette restriction posée par les premières personnes concernées par le problème mérite d’interroger l’évidence de l’appartenance des personnes sourdes à la catégorie des personnes handicapées.

lundi 1 octobre 2018

vers une évolution des INJS-INJA ?

Vers une évolution des INJS-INJA?


Il a été publié, en mai dernier, un rapport intitulé : « Scénarios d’évolution des instituts nationaux des jeunes sourds et des jeunes aveugles », commandé en juillet 2017 et remis donc en mai 2018.

Depuis longtemps, depuis toujours peut-être (les plus anciennes de ces institutions datent de la seconde moitié du XVIIIe siècle) les instituts nationaux, les INJ, au nombre de 5 en France, établissements accueillant des jeunes sourds ou des jeunes aveugles, ont été « à part » dans le paysage de la réponse aux besoins de ces jeunes. Même étant à part, cela ne les a pas empêchés de fournir historiquement des réponses de qualité, souvent innovantes et d’être une référence pour l’ensemble des institutions dans le domaine de la scolarisation et de l’éducation des enfants sourds et aveugles.

vendredi 28 septembre 2018

lecture : Accompagnement et handicap

Handicap et accompagnement. nouvelles attentes, nouvelles pratiques
de STKER, PUIG, HUET, Dunod 2014


La lecture de cet ouvrage, publié en 2009, réédité en 2014, est toujours d’actualité. Si le terme accompagnement s’est substitué progressivement à ceux de prise en charge ou d’aide, il y a « loin de la coupe aux lèvres », et les pratiques sont encore bien ancrées dans des modèles relationnels qui n’ont pas grand-chose à voir avec l’accompagnement.


D’où l’intérêt de la tentative de définition de l’accompagnement à travers l’histoire de son émergence, la nature et l’origine de la demande, la typologie des différents modèles d’accompagnement, la nature éthique et technique de l’accompagnement, et les conditions d’un bon accompagnement.

vendredi 21 septembre 2018

le règne de Machiavel

Le règne de Machiavel


Dans les évolutions de la gouvernance et de la dirigeance des établissements sociaux et médico-sociaux, on peut observer aujourd’hui ce que Machiavel avait théorisé il y a cinq siècles dans son maitre ouvrage, Le Prince. Machiavel a conceptualisé la séparation radicale entre la politique et l’éthique (ou la morale). La politique, le gouvernant, le dirigeant (le Prince) doit avoir pour seul guide l’efficacité, et l’éthique n’y a absolument pas sa place. En langage contemporain, on pourrait traduire l’efficacité par les substantifs suivants : l’efficience, l’utilité, la performance, l’intérêt, le profit, la productivité, le rendement, la valorisation, la rentabilité, etc. Là où la morale pouvait le disputer à l’efficacité, pour le meilleur et souvent pour le pire, avec Machiavel, en politique, c’est la seule efficacité qui doit guider le Prince.

lundi 17 septembre 2018

école inclusive et dispositifs ségrégatifs

Ecole inclusive et dispositifs ségrégatifs


Comment expliquer cet étonnant paradoxe de la simultanéité de la célébration consensuelle de l’école inclusive (ou de la société inclusive) et la multiplication pléthorique des dispositifs de ségrégation scolaire et sociale ?

jeudi 30 août 2018

individualisation des parcours, individualisation de l'enseignement

Individualisation des parcours, individualisation de l'enseignement


Tout le monde s’accorde à penser que la perspective d’une école inclusive ne va pas sans une adaptation de l’enseignement, dont les modalités d’exercice sont considérées encore aujourd’hui comme non favorables à la scolarisation d’élèves handicapés. L’une des modalités d’évolution invoquées est l’individualisation, la singularisation, la personnalisation, la différenciation. Au-delà des variations sémantiques, l’idée est celle d’une adaptation aux situations des élèves, qu’ils soient ou non en situation de handicap d’ailleurs.

vendredi 24 août 2018

handicap et situation de handicap

Handicap et situation de Handicap


Dans le langage courant, y compris celui de professionnels travaillant avec ou accompagnant des personnes handicapées ou en situation de handicap, le « handicap » est souvent synonyme de l’ensemble sémantique « déficience, incapacités et conséquences ». La notion de handicap renvoie souvent à des caractéristiques individuelles, la plupart du temps dévalorisantes, qui seraient des caractéristiques conséquentes de la déficience ou de l’incapacité.

mercredi 22 août 2018

L'approche écosystémique du handicap : le PPH

L'approche écosystémique du handicap : changer le regard et instaurer un dialogue, le modèle "Processus de Production du Handicap" (PPH)


Intervention en table ronde à la journée de formation de l'ARS des Pays de Loire à Nantes le 3 juillet 2018 :

Une réponse accompagnée pour tous - La participation des usagers et l'accompagnement par les pairs : changer les regards et la pratiques pour une société inclusive en Pays de Loire.

lundi 2 juillet 2018

lecture : les élèves en situation de handicap

Les élèves en situation de handicap

de Martine CARAGLIO, PUF Que sais-je ? 2017

Les ouvrages de la collection Que sais-je ? ont l’ambition de présenter des synthèses relativement courtes et complètes, et également accessibles à un large public, sur un sujet donné. L’ouvrage de Martine Caraglio répond remarquablement à ces contraintes, tout en donnant à des professionnels familiers du travail avec des élèves en situation de handicap des informations essentielles et actualisées. En un peu plus de 120 pages, l’ouvrage présente une synthèse très complète de la scolarisation des élèves en situation de handicap. C’est une synthèse qui pourrait s’avérer très utile à de nombreux professionnels déjà en activité dans ce secteur, ne serait-ce que par l’actualisation des enjeux, des orientations et des problématiques, autant qu’à des lecteurs s’intéressant à la question.


mercredi 27 juin 2018

la médicalisation, obstacle à l'inclusion

La médicalisation, obstacle à l'inclusion


« L’inclusion scolaire » présuppose que l’école s’adapte aux caractéristiques des élèves, soit en ciblant particulièrement ses besoins (inclusion scolaire), soit en ayant, par anticipation, des pratiques (pédagogiques et/ou d’accompagnement) destinées à tous les élèves (accessibilité universelle et école inclusive). Aujourd’hui, ce mouvement inclusif rencontre des obstacles à sa mise en œuvre. L’un des obstacles tient à la persistance d’une réponse centrée sur une approche médicale de la situation des élèves. 

lundi 18 juin 2018

"Tiens, ils ont dû s'échapper"

"Tiens, ils ont dû s'échapper !"


C’était un printemps, et ses premiers jours ensoleillés. Je me trouvais à une terrasse de café, dans une rue en pente. En bas de la rue, et essayant d’utiliser au mieux l’étroit espace de trottoir laissé libre par les terrasses alignées, deux jeunes adultes tentaient de manœuvrer leurs fauteuils roulants pour remonter la pente. Arrivés à ma hauteur, j’entendis une consommatrice de la table voisine dire à son amie : « Tiens, ils ont dû s’échapper de leur truc ! »


jeudi 7 juin 2018

lecture : L'éducation de l'écolier sourd

L'éducation de l'écolier sourd, histoire d'une orthopédie, 1822 à 1910

Didier SEGUILLON, Presses Univ Paris Nanterre, 2017

Voici un ouvrage tout à fait intéressant, et passionnant, pour qui s’intéresse à l’histoire, et en particulier à l’histoire de l’éducation des sourds, et pour qui cherche à comprendre la situation dans laquelle se trouve aujourd’hui cette éducation des sourds, tant ce qui se passe aujourd’hui est éclairé par cette histoire.

L’approche historique, approfondie à ce point, est nouvelle et originale : d’autres auteurs avaient évoqué les contraintes qui avaient pesé sur les sourds dans l’histoire de l’éducation, de l’interdiction de la langue des signes aux « expériences » barbares de réhabilitation de l’oreille e de l’audition. Mais cette approche par une histoire de l’orthopédie : « De l’art de prévenir et de corriger les difformités du corps à celui de faire parler et entendre «  (c’est le sous-titre) est tout à fait éclairante et apporte des éléments explicatifs aux différents débats qui ont eu lieu, et qui ont toujours cours sous des formes différentes, sur l’éducation des jeunes sourds, sur la manière dont ils peuvent avoir leur place dans la société, sur leur participation sociale, sur leurs droits et la manière d’y accéder.

vendredi 1 juin 2018

faut-il un certificat médical pour acheter une bicyclette ?

Faut-il un certificat médical pour acheter une bicyclette ?


Sauf cas exceptionnels peut-être, lorsqu’une personne a besoin, pour se déplacer (pour son travail, ses loisirs, sa vie quotidienne), d’une bicyclette, et s’il en a les moyens, il va l’acheter. Lorsqu’une personne qui a une déficience motrice, a besoin, pour les mêmes raisons, d’un fauteuil roulant, indépendamment des raisons économiques, il devra obtenir un certificat médical attestant de sa déficience pour que la société puisse prendre en compte son besoin (par tout ou partie du financement).

mardi 29 mai 2018

participation et expression des besoins

Participation et expression des besoins


L’une des conditions du développement de la scolarisation des jeunes handicapés dans une perspective inclusive est que leurs interlocuteurs scolaires (enseignants et administration des établissements scolaires) puissent connaitre leurs besoins et leurs ressentis. La formation des acteurs sur la question du handicap et de l’accès aux droits des personnes handicapées constitue un volet crucial de cette connaissance.

lundi 14 mai 2018

comment produire une absence de solutions

Comment produire une absence de solutions ?


Toute institution à tendance à dessiner des frontières en son sein. C’est ainsi que l’on a vu des institutions médico-sociales mettre des séparations, bien plus que symboliques, entre jeunes moins handicapés et jeunes plus handicapés, certaines institutions définir leurs populations dans une même catégorie par les moins handicapés (un « institut médico éducatif pour déficients intellectuels légers et moyens »). Des séparations entre jeunes sourds « normaux, jeunes sourds ayant des difficultés, et jeunes sourds avec handicaps associés. Ce sont ces frontières qui amènent aussi parfois à refuser, pour différentes raisons, des jeunes plus handicapés, les laissant sans solutions. Ce que dénonce le rapport de D. Piveteau « Zéro sans solution » en 2014.

samedi 5 mai 2018

publication : inclure nuit-il gravement au handicap ?

Inclure nuit-il gravement au handicap ?

Facilitateurs et obstacles à la participation sociale des élèves en situation de handicap à l'école

Résumé 


La scolarisation des élèves en situation de handicap à l’école (leur scolarisation) n’a été jusqu’à aujourd’hui envisagée qu’au regard de leurs capacités à s’adapter aux normes attendues et définies par l’école. Ce qui les rejetait le plus souvent aux frontières ou en dehors de l’école.
Avec les notions d’inclusion et de situation de handicap, c’est l’école elle-même qui a vocation à s’adapter pour mettre ces élèves à l’intérieur de ses frontières. C’est en cela que l’inclusion peut être un facilitateur d’accroissement de participation sociale et de réduction des situations de handicap.
Mais cette révolution de paradigme de pensée et d’action se heurte à de nombreux obstacles : au niveau de l’école elle-même, au niveau des services (médico-sociaux) chargés de l’accompagnement des ces jeunes, ainsi qu’au niveau du « discours » sociétal. Cette conférence propose de faire le point sur cette polémique.
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mercredi 2 mai 2018

lecture - sociologie du monde des sourds

Sociologie du monde des sourds

Diane BEDOIN, La découverte, 2018





Cet ouvrage, relativement court (128 pages), réussit le pari de présenter un tableau assez complet de la surdité, ou plutôt de la situation vécue par les personnes sourdes. Et ceci dans une approche qui justement ne considère par ces personnes en les réduisant à leur déficience auditive, mais en envisageant la problématique de manière écosystémique, le monde des sourds et les sourds dans le monde.

lundi 23 avril 2018

pourquoi n'inclut-on pas ?

Pourquoi n'inclut-on pas ?


Lorsque l’inclusion d’un enfant handicapé est difficile à mettre en œuvre, voire impossible ou refusée, la plupart du temps on invoque des raisons qui ont trait aux caractéristiques de l’élève en question : trop handicapé, ou tout simplement handicapé, trop en retard scolaire, pas assez le niveau requis, trop d’adaptations à faire, trop inapte au fonctionnement scolaire. Si tel élève ne peut pas être inclus dans l’établissement, dans la classe, même partiellement ou accompagné par un professionnel, c’est, argumente-t-on, parce qu’il y a un écart, parfois important, en capacités, en compétences, en acquis, en niveau, entre l’élève « handicapé » et l’élève « normal », c’est-à-dire souvent « moyen ».A ces raisons, se rajoute parfois l’argument que les enfants handicapés sont mieux entre eux, que c’est ainsi plus facile pour eux, et qu’il leur faut, quasiment 24/24 h, des spécialistes. Rarement, on évoque les raisons qui ont trait au fonctionnement de l’école, sauf en termes de moyens.

vendredi 13 avril 2018

les Sourds et la Santé

Les Sourds et la Santé


Dans l’imaginaire collectif, dans les représentations sociales et politiques, la surdité est encore un problème de santé. Malgré la visibilité sociale acquise par les sourds (je parle ici des Sourds « de naissance », pas des devenus sourds tardivement), largement appuyée sur la langue des signes, malgré la reconnaissance officielle de leurs droits « humains » à utiliser une langue qui leur est adaptée, la langue des signes, malgré le développement de cette présence sociale, la surdité reste encore dans une problématique médicale excessivement prégnante.

vendredi 6 avril 2018

inclusion scolaire, éducation inclusive

Inclusion scolaire, éducation inclusive

Longtemps on a confondu, non pas tant conceptuellement que pragmatiquement, intégration scolaire et inclusion scolaire. Et bien souvent, tant dans des textes réglementaires que dans les discours et les organisations sur le terrain de la scolarisation, le second terme se substituait au premier, sans beaucoup de changements dans la réalité vécue et décrite par les terminologies utilisées. Aujourd’hui, la différence conceptuelle et pragmatique entre l’intégration et l’inclusion semble mieux actée. L’intégration scolaire tenait pour condition que l’élève handicapé soit le plus proche possible de la norme non handicapée pour être intégré. Avec l’inclusion scolaire, c’est le système éducatif qui doit faire l’effort de s’adapter à cet élève.


mercredi 4 avril 2018

conférence

J'ai le plaisir de vous inviter à assister à la conférence que je donne mardi 17 avril à 18h00 à l'ARIFTS, Cité Marion Cahour, à REZE (44)

Inclure nuit-il gravement au handicap ?

Facilitateurs et obstacles à la participation sociale des élèves en situation de handicap à l'école.

la conférence sera traduite en LSF

lundi 2 avril 2018

lecture : relation de soin et handicap

Relation de soin et handicap - Pour une approche humaine et éthique de situations complexes

de Patrick SUREAU, SeliArslan, 2018




Il n’est pas si fréquent qu’un soignant (l’auteur est ergothérapeute) présente une telle approche systémique et éthique (écologique) de l’intervention de soin.


mercredi 28 mars 2018

"on les connait bien quand même"

"On les connait bien quand même ! "


Alors qu’il s’agissait de préparer un projet d’inclusion pour quelques jeunes adolescents « dysphasiques » dans les classes d’un collège, lors d’un débat difficile qui voyait la majorité des professionnels s’opposer à leur responsable et à quelques professionnels minoritaires, la conclusion définitive de l’impossibilité de l’inclusion vint du propos irrévocable et infaillible d’un professionnel : « Mais enfin, on les connait bien quand même ! Ils ne peuvent pas aller en inclusion. ». Il faisait valoir par ce propos cette vérité au nom de sa proximité quotidienne auprès de ces jeunes, face à d’autres professionnels ne les connaissant pas (les enseignants du collège) ou les connaissant moins (d’autres professionnels, le chef de service).

mercredi 21 mars 2018

pourquoi y a-t-il (encore) des escaliers ?

Pourquoi y a-t-il (encore) des escaliers ?


Les escaliers sont une invention formidable : ils permettent de monter ou de descendre (plus) facilement des espaces pentus. Mais leur utilisation est quelque peu problématique, voire impossible pour certaines personnes : personnes avec poussettes ou landaus, personnes en fauteuil, personnes ayant des difficultés de locomotion, etc. Lorsque les escaliers sont le seul moyen d’accéder à un lieu (dans l’espace public ou dans un immeuble d’habitation par exemple), ils deviennent un obstacle à la « participation sociale » d’un certain nombre de personnes.

mercredi 14 mars 2018

l'inflation thérapeutique

L'inflation thérapeutique


Dans le secteur médico-social, on soigne, on soigne même beaucoup, bien avant de se préoccuper du « social », quand ce n’est pas le social qui prend la forme du soin. Les dysfonctionnements, les difficultés, les problèmes d’une personne qui a le statut (« l’étiquette ») de handicapé sont qualifiés la plupart du temps de pathologie caractéristique de la personne ayant une déficience. Là où un enfant qui n’est pas en situation de handicap rencontre une difficulté ou un problème (d’apprentissage, de développement, de relation, de communication, etc.), un enfant handicapé a des pathologies. Quand un enfant « ordinaire » a du mal à lacer ses lacets, à tenir l’équilibre sur une poutre, ces mêmes phénomènes entrent dans le « syndrome » d’un enfant dysphasique ou dyslexique.

mercredi 7 mars 2018

qualité et mesure de la qualité

Qualité et mesure de la qualité


La qualité, et son amélioration continue, sont des préoccupations capitales dans le secteur médico-social, comme elles l’ont été dans d’autres secteurs professionnels auparavant, en particulier à travers diverses certifications. Et l’on ne peut être, professionnels du secteur, usagers ou simples citoyens, qu’également soucieux que les établissements et services au bénéfice d’une population soient préoccupés de la qualité de leurs services. Evidemment la qualité peut et se doit d’être mesurée, afin de d’avoir une lisibilité de son évolution et de pouvoir la communiquer (bilan d’activité, communication d’image, etc.).

vendredi 2 mars 2018

peut-on les inclure tous ?

Peut-on les inclure tous ?


A cette question, la première réponse, brutale, est « non ! », et ceci au regard des dysfonctionnements extrêmement importants que vivent au sein de l’école certaines personnes qui ont des déficiences, des maladies ou des troubles, en même temps qu’au regard des fonctionnements de l’école. Même les plus fervents des défenseurs de l’inclusion scolaire se heurtent à ce point aveugle de l’impossibilité de concevoir pratiquement la présence de certains enfants dans l’école, comme par exemple celle de certains enfants polyhandicapés, qui se trouveraient là dans des situations extrêmement complexes de handicap. Sans même évoquer ces situations extrêmes, nombreux sont aussi ceux qui ont du mal à penser que, par exemple, des élèves ayant une déficience intellectuelle (des troubles de la fonction cognitive) puissent sereinement être scolarisés, et en tirer profit, au sein d’un collège. Ou que des enfants sourds ayant besoin de la langue des signes puissent effecteur leur scolarisation, même avec accessibilité, dans une modalité d’inclusion individuelle.

lundi 26 février 2018

lecture : "ni fou ni gogol"

"Ni fou ni gogol". Orientation et vie en ITEP  
de Hugo DUPONT, (PUG, 2016)

Extrait de la présentation : « Ni fou, ni gogol ! » : c’est ainsi que se qualifient les enfants et adolescents accueillis en institut thérapeutique, éducatif et pédagogique (ITEP). Ces jeunes présentent un comportement perçu comme déviant par les professionnels des secteurs scolaire, social et médico-social, et sont réputés non scolarisables dans le milieu ordinaire… L’auteur tente de comprendre comment la mise à l’écart de ces jeunes est légitimée et présente le travail de normalisation effectué par les ITEP : soulagement de la souffrance psychique tenue pour responsable des troubles du comportement d’une part, rééducation d’autre part. »

mercredi 21 février 2018

Matthias et les vestiaires

Matthias et les vestiaires


Matthias est un jeune sourd de 14 ans, arrivé au collège depuis presque deux ans. Il est scolarisé dans une classe spécialisée d’un établissement médico-social au sein d’une unité d’enseignement externalisée dans le collège. Cette classe comporte quatre ou cinq jeunes sourds de 13-15 ans. Ils sont considérés comme ayant des difficultés scolaires, et les objectifs d’apprentissages scolaires correspondent à ceux d’une classe de SEGPA (Section d’enseignement général et professionnel adapté). Les enseignements sont dispensés au sein de la classe spécialisée par des enseignants spécialisés de l’établissement spécialisé titulaires du CAPEJS (Certificat d’aptitude du professorat de l’enseignement des jeunes sourds, Ministère des affaires sociales), sur une modalité bilingue qui privilégie la langue des signes. 

vendredi 16 février 2018

l'équipe pluridisciplinaire en question

L'équipe pluridisciplinaire en question


La notion d’équipe pluridisciplinaire est d’arrivée relativement récente dans les fonctionnements des organismes médico-sociaux. Le « travail en équipe » existait bien, ne serait-ce que dans des interventions simultanées ou dans les prises de relais. Mais afin de prendre en compte la complexité des situations personnelles, la complexité des organisations au regard de l’usager et la complexité de l’organisation des savoirs et des expertises, peu à peu la pluridisciplinarité, voire parfois l’interdisciplinarité, sont apparues comme étant des modalités pertinentes dans le travail médico-social. Les équipes ont tenté par conséquent de s’approprier le concept et de le mettre en pratique.

lundi 12 février 2018

connaissez-vous l'agnotologie ?

Connaissez-vous l'agnotologie ?


Il s’agit d’une « science » récente, qui désigne aujourd’hui la science de l’ignorance et l’étude des mécanismes de sa construction. Elle a été mise en œuvre pour décrire les tentatives de certains industriels (tabac, chimie, agro-alimentaire, climat) pour nier ou minimiser les risques liés à leurs industries. Mais l’objet de cette science mériterait d’être élargi à d’autres phénomènes que les phénomènes industriels : la politique, le travail, la vie en entreprise, etc. sont également impactés par des mécanismes construits d’ignorance, involontaires ou délibérés, dont il pourrait être intéressant de lever le voile.

mercredi 7 février 2018

si le ministre disait ...

Si le ministre disait ...


Si le ministre déclarait aujourd’hui que la demande d’inclusion à l’école pour les élèves en situation de handicap était excessive, qu’il vaudrait mieux en ralentir le rythme, et qu’il serait pertinent de développer des moyens spécialisés dans des structures spécialisées, il est vraisemblable qu’il donnerait satisfaction à de nombreux professionnels et organisations qui œuvrent dans le champ de l’éducation des enfants en situation de handicap.

mercredi 31 janvier 2018

les raisons de l'inclusion

Les raisons de l'inclusion

Lorsque l’on débat de l’inclusion, scolaire ou sociale, nombreuses sont les raisons invoquées par les personnes qui y sont favorables, ou qui militent pour cette perspective. Parmi toutes ces raisons, il en est une qui est récurrente, et qui même, pour certains penseurs et acteurs d’une philosophie inclusive, émerge comme raison essentielle et principale : la présence des personnes handicapées dans la société nous enrichit, enrichit la société, de leurs diversités, de leurs différences, etc.

vendredi 26 janvier 2018

Alicia, ou l'impossible réussite

Alicia, ou l'impossible réussite

Je rencontre les parents d’Alicia, jeune fille sourde de 14 ans, venus me raconter comment se passait la scolarité de leur fille dans le lycée français de la capitale d’un grand pays d’Afrique. Depuis deux, Alicia suivait son parcours de scolarisation en 6ième puis en 5ième dans le collège de cet établissement scolaire. Au regard des bulletins scolaires que les parents me présentent, et des propos qu’ils tiennent sur la scolarité de leur fille, il apparait que la scolarité et les apprentissages se déroulent de manière satisfaisante. Les parents me font part toutefois de leur préoccupation du niveau de leur fille en français, en particulier dans la production écrite (structure de phrases, vocabulaire…). Rien qui ne m’étonne au regard de ce que l’on peut connaitre des difficultés que peuvent rencontrer des élèves sourds. Alicia est accompagnée par un « aidant » (les AESH n’existaient pas dans l’organisation scolaire des lycées à l’étranger) qui intervient dans la répétition orale de ce que disent les professeurs en classe, ainsi que dans quelques explications complémentaires pendant les cours.

lundi 22 janvier 2018

à quoi sert la LSF ?

A quoi sert la LSF ?

La Langue des Signes Française (LSF), après avoir fait l’objet d’une opposition radicale et virulente, allant jusqu’à son interdiction dans l’éducation des enfants sourds pendant des décennies, a été en quelque sorte réhabilitée, mais avec lenteur et modération, en particulier dans les lieux traditionnels d’éducation des jeunes sourds, établissements médico-sociaux et dispositifs de L’Education nationale. Si l’on a vu depuis une trentaine d’années des évolutions significatives, la plupart à l’initiative des sourds eux-mêmes et de leurs amis, il n’en reste pas moins que l’éducation des jeunes sourds fait l’objet d’enjeux tels que le plein droit de l’existence et de l’utilisation de la LSF est loin d’être atteint. En témoigne l’idéologie qui préside au dépistage précoce systématique, à l’inflation implantatoire présentée comme guérison d’une maladie/déficience, ou encore le principe de l’intégration (à ne pas confondre avec l’inclusion) individuelle.

mardi 16 janvier 2018

Publication : pour une école vraiment inclusive

Pour une école vraiment inclusive


ASH n° 3040 du 29 décembre 2017

"Douze ans près la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, le concept de l'éducation inclusive s'est bien implanté en France. Mais sur le terrain, les obstacles et les freins demeurent. Ex-enseignant spécialisé auprès de jeunes sourds, ex-cadre du secteur médico-social, Jean-Yves Le Capitaine fait le point et appelle à abattre le "plafond de verre" qui empêche les élèves en situation de handicap de bénéficier de leurs droits et de vivre pleinement l'école."

Le diable, dit-on, se niche dans les détails. Aujourd’hui, l’éducation inclusive semble constituer un axe consensuel majeur. Rares sont les acteurs qui s’insurgent contre le principe de l’école inclusive. On rencontre certes ici ou là des réserves, sur le rythme auquel s’organise l’inclusion (trop rapidement ou pas assez), sur la perte de certains bienfaits de l’éducation spécialisée ou les risques de l’inclusion, etc. Mais rares sont les discours prônant explicitement une éducation séparée et excluante pour les élèves en situation de handicap.

vendredi 12 janvier 2018

lecture : Réussir l'école inclusive

Réussir l'école inclusive en partenariat avec les parents, l'Education nationale et les structures médico-sociales. 

L'exemple de la scolarisation de collégiens sourds ou malentendants

de Patrice GALLE, L'harmattan, 2017 


Extrait de la présentation : "Pas de scolarisation des élèves en situation de handicap sans collaboration étroite entre les partenaires. A travers l'exemple de la scolarisation de collégiens sourds ou malentendants, cet ouvrage interroge les conditions d'un partenariat effectif entre les collégiens, leurs familles, les collèges et les structures médico-sociale. Cette modalité collaborative contribue au développement des pratiques inclusives dans la mesure où elle permet de créer des passerelles entre les acteurs, clé de voûte de la réussite  des projets de scolarisation des élèves en situation de handicap."

Cet ouvrage, issu d’une thèse de doctorat sous la direction de Charles Gardou, présente une réalité, celle de la collaboration entre des institutions et des professionnels à l’origine éloigné·e·s les un·e·s des autres. Il interroge toutes les questions que pose le partenariat dans la déconstruction des frontières de longue date établies. Il met en avant également les enjeux et les conditions de réussite (ou non) du partenariat dans la perspective de développer les pratiques inclusives dans lesquelles sont engagées, parfois contre leur gré, les acteurs de l’Education nationale ou des structures médico-sociales.


lundi 8 janvier 2018

continuité du parcours et rupture du regard

Continuité du parcours et rupture du regard

Dans le registre des bonnes pratiques professionnelles du secteur médico-social, la continuité du parcours (versus les ruptures de parcours) et la liaison entre équipes  et professionnels sont des préoccupations récurrentes. Cela se conçoit aisément pour des parcours de soin. Il vaut mieux en effet éviter, lorsqu’un patient change d’établissement ou de service, qu’on ne refasse diagnostic, examens et traitements. Il le vaut mieux en effet tant sur le plan de la santé du patient que du point de vue économique.