vendredi 14 juin 2019

handicap et origines sociales

Handicap et origines sociales


Pour quelles raisons y a-t-il davantage d’enfants handicapés originaires de catégories sociales défavorisées, en particulier des enfants présentant des troubles cognitifs ou intellectuels ou des troubles psychiques ? Ces données sont mises en évidence dans une étude de la Direction de l’Evaluation, de la Prospective et de la Performance du Ministère de l’éducation nationale : Sylvie Le Laidier, Parcours scolaires à l’école et au collège (in Education et Formation, n° 95, décembre 2017), étude réalisée sur deux cohortes d’élèves handicapés nés en 2001 et en 2005.

D’aucuns seraient tentés d’expliquer rapidement et sans preuves ces données par des facteurs génétiques ou héréditaires, ou par des corrélations hypothétiques entre milieu social et configurations du cerveau et des caractéristiques neurologiques. Il est plus vraisemblable de chercher des explications (mais ceci reste une hypothèse) dans les rapports et les interactions entres les acteurs du handicap (les professionnels du diagnostic et de l’accompagnement) et les familles de ces enfants handicapés.

Lorsque des professionnels rencontrent un enfant handicapé (un médecin pour le diagnostic, un professionnel para-médical, pédagogique ou éducatif pour diverses évaluations), ils ne sont pas indifférents à la situation sociale d’un enfant. Et, à mesure égale des compétences ou performances de deux enfants, ils peuvent ne pas être qualifiés de la même manière. Un enfant de milieu favorisé ou très favorisé pourra voir atténués sa déficience ou son handicap dans l’idée que le milieu constitue ou constituera un facteur favorable à l’atténuation de la situation de handicap. Inversement, un enfant de milieu défavorisé pourra voir ses capacités mesurées plus sévèrement, dans la mesure où les professionnels présument que le milieu sera moins apte à atténuer sa situation de handicap.

Cette hypothèse n’est pas aberrante : de nombreuses études ont montré par exemple que les enseignants avaient des représentations différentes des élèves (garçons/filles, milieux favorisés/défavorisés) qui influaient énormément sur la nature des relations qu’ils établissaient avec les élèves, et sur les résultats de ceux-ci. Il n’y a aucune raison que les professionnels de la détermination du handicap puissent se soustraire magiquement de ce type de phénomènes de représentations et de jugements, malgré la prétention à une certaine objectivité des mesures de diagnostic et d’évaluation.

Cette hypothèse pourrait être confirmée par une autre donnée de cette étude : « Les enfants en situation de handicap d’un milieu social défavorisé sont plus souvent scolarisés en classe ou en milieu spécialisés », et par conséquent, les enfants handicapés d’origine sociale favorisée ou très favorisée sont davantage en classe ordinaire que les premiers. Cette orientation différenciée pourrait avoir les mêmes explications.

L’idée que le milieu ordinaire exige davantage de soutien parental, sous forme de compréhension de la situation, d’aides personnalisées, de relations avec les professionnels, de capacités à mettre en œuvre un projet, etc., ainsi que la connivence intellectuelle entre parents et professionnels, favorisent des orientations des enfants handicapés d’origine sociale favorisée vers le milieu ordinaire. Inversement, l’idée qu’un milieu spécialisé sera plus protecteur, plus « prenant en charge », plus suppléant en termes d’éducation, etc., ainsi qu’une certaine distance intellectuelle et culturelle (voire parfois quelque chose qui relève d’un certain mépris de différenciation sociale) favoriseront des orientations d’enfants issus de catégories sociales défavorisées vers les organisations spécialisées.

vendredi 7 juin 2019

instruction ou assistance

Instruction ou assistance


Ces termes d’instruction et d’assistance sont quelque peu désuets au regard de la qualification contemporaine, plus technique peut-être, d’éducation et de médico-social. Pourtant, à l’heure où dans les Instituts nationaux pour les jeunes sourds et les jeunes aveugle l’on s’agit passablement face aux intentions politiques d’évolution (rattachement à l’éducation nationale pour la partie enseignement ou aux Agences régionales de santé pour la partie médico-sociale), je ne peux m’empêcher de citer un texte de Henri-Jacques STIKER qui rappelle les références à cette terminologie, et qui m’évoquent quelques débats actuels.

lundi 3 juin 2019

ULIS, inclusion et exclusion

L'ULIS, inclusion et exclusion


L’ULIS est une unité localisée pour l’inclusion scolaire. Elle a remplacé il y a quelques années déjà les CLIS (Classes d’intégration scolaire) et les UPI (Unités pédagogiques d’intégration). Avec l’emploi de cette terminologie, ULIS, on aurait pu s’attendre à trouver dans le titre de cet article le seul terme d’inclusion. Si j’ai choisi cependant également le terme exclusion, c’est que le dispositif en question relève à la fois de l’inclusion et à la fois de l’exclusion.

Bien sûr l’ULIS permet à des élèves, autrefois hors de l’école, dans des institutions médico-sociales qui ne se préoccupaient pas toujours de les scolariser, d’être présents dans les établissements scolaires. Il ne faut toutefois pas oublier que nombreux sont encore les élèves qui sont dans ces institutions médico-sociales, qui n’ont qu’une possibilité partielle (voire nulle pour certains d’entre eux) d’être scolarisés dans les établissements scolaires à travers les dispositifs dits externalisés qui ont fait l’objet d’une politique injonctive dans la période récente. L’on peut considérer que les dispositifs (ULIS, UPI, CLIS) ont installé des enfants en situation de handicap dans l’école en tant qu’espace physique regroupant des enfants pour des activités scolaires.


lundi 27 mai 2019

"Il vaut mieux la cacher"

" Il vaut mieux la cacher !"


Voici une histoire édifiante, qu’une professionnelle m’a racontée il y a quelques années. Cette professionnelle travaillait alors dans un CAMSP, un Centre d’action médico-sociale précoce, spécialisé dans la déficience auditive, rattaché (et situé dans) un grand hôpital universitaire. Il accueillait donc des parents de jeunes enfants diagnostiqués ou suspects de déficience auditive.

Après bien des débats éthiques (et idéologiques), la décision fut prise d’embaucher dans l’équipe professionnelle, très médicale (médecins ORL, orthophonistes, psychologues, psychomotricien, et quand même une assistante de service social), une personne sourde. Son embauche se fit non pas sur son identité de personne sourde (comme ce fut le cas dans bien des institutions), mais sur ses qualifications professionnelles d’éducatrice spécialisée, et sur sa maîtrise de la langue des signes.


vendredi 17 mai 2019

Présentation : l'externalisation des unités d'enseignement

L'externalisation des unités d'enseignement

Présentation diaporama de mon intervention dans la formation des enseignants spécialisés d'unités d'enseignement le 14 mai 2019, Académie de Lille Lille 1-Lille 3 ASH.
Cette intervention s'est déroulée à l'IEM Dabadie - Association des Paralysés de France à Villeneuve-d'Ascq.

lundi 13 mai 2019

droits et besoins

Droits et besoins


Il y a toujours une certaine ambiguïté à nommer ce qui qualifie, et par là-même parfois les identifie, les personnes en situation de handicap. Sur le plan politique, tant dans les discours les concernant que dans la réglementation, c’est le terme citoyen qui est utilisé, ou à tout le moins évoqué, remettant ces personnes dans le monde commun des droits de tous et de chacun. Dès lors qu’ils sont, parce qu’en situation de handicap, en relation avec une organisation qui a pour vocation de les accompagner (au sens le plus large de ce terme), ils deviennent des usagers, des bénéficiaires ou des clients. On y discute même de savoir lequel de ces trois termes définira le mieux le champ de leur plus grande autonomie et de leur plus grande responsabilité d’engagement.

vendredi 10 mai 2019

article : l'usager, le professionnel et le manager

L'usager, le professionnel et le manager


J'ai le plaisir d'avoir été publié dans la revue VST - Vie sociale et traitements , revue du champ social et de la santé mentale, N° 142, 2ième trimestre 2019, p.82-88

Résumé : Les politiques publiques et les exigences gestionnaires ont eu pour effet une évolution radicale dans les fonctions de dirigeance des établissements sociaux et médico-sociaux. Les directeurs issus du travail social ont été remplacés par des managers dont les préoccupations premières sont de garantir le fonctionnement organisationnel et budgétaire des établissements. Cela dans un implicite qui considérerait que l'éloignement des préoccupations de travail social serait une garantie de qualité de bonne pratique de gestion. Ces évolutions ne sont pas sans conséquences, positives et négatives, sur l'exercice des pratiques professionnelles et sur la participation sociale des usagers.

article accessible via la plate-forme CAIRN

vendredi 3 mai 2019

le théorème du lampadaire

Le théorème du lampadaire


Jean-Paul Fitoussi, économiste hétérodoxe, a publié en 2013 un ouvrage intitulé : Le théorème du lampadaire. Le titre rappelle cette histoire drôle d’une personne ivre qui ayant perdu ses clés, persiste à ne les rechercher que dans l’espace éclairé du lampadaire devant son domicile ; au passant qui s’étonne de cette attitude et qui l’interroge sur les raisons de la recherche des clés à ce seul endroit, il répond : « oui, mais là, c’est éclairé ». Pour Fitoussi, la science économique contemporaine n’est constituée que de ce qu’elle est capable d’expliquer et est incapable de traiter les problèmes économiques majeurs de notre époque. Elle ne fournit que les réponses locales de ce qui est éclairé. C’est le même modèle d’analyse qu’on peut appliquer aux pratiques professionnelles des établissements médico-sociaux.

vendredi 26 avril 2019

un projet et des soins

Un projet et des soins


Les personnes ayant des déficiences, des maladies, des troubles, des incapacités, ont d’abord et longtemps été « traitées » sur le plan exclusif du soin : soins au sens du cure (soigner) et du care (prendre soin). Puis est venu le temps des réponses identifiées par rapport à un projet, dont l’élaboration revient de plus en plus à la personne concernée. Cette évolution s’est manifestée par la notion d’accompagnement, en remplacement de la notion de prise en charge.

Pour autant les anciennes représentations, pratiques, idéologies, ancrées dans la primauté du soin, ont-elles disparu ? L’observation et l’articulation entre parcours de soin et accompagnement, entre coordination de soin et coordination de parcours, fournit des repères d’analyse de ces évolutions et immobilismes.

mardi 23 avril 2019

lecture - Les enfants du silence

Les enfants du silence - donner une voix à ceux qui n'en ont pas
de Céline BOUSSIE (Harper Collins, 2019)


C’est un récit/témoignage de la vie dans une institution de jeunes et de jeunes adultes handicapés, sur les conditions de vie intolérables de ces jeunes, sur les conditions de travail insupportables des professionnels, sur le fonctionnement pathologique d’une institution, sur le combat sisyphéen d’une lanceuse d’alerte dénonçant ces conditions de maltraitance extrêmes de cette institution.


C’est un récit qu’on lit d’une traite, pour peu que l’on soit sensibilisé, et révolté, par rapport aux conditions que décrit et dénonce l’auteure, tant sont prenantes aussi l’émergence, la montée et la mise en action de la prise de conscience, jusqu’à la rupture, et dans la poursuite d’un combat dont la réussite n’était pas évidente.

vendredi 12 avril 2019

normes, subjectivité et travail invisible

Normes, subjectivité et travail invisible


Dans le film Les Invisibles (L-J Petit, 2018), l’on voit bien comment le travail d’accompagnement, et la qualité ainsi que l’efficacité de ce travail, ne se satisfont pas, comme le voudraient et comme le prétendent les technocrates de l’accompagnement, du care ou du travail social, à de bonnes pratiques normées à mettre en œuvre, à des cases à cocher, à des reporting d’interventions dans un dossier, à la mesure de la conformité des interventions à des attendus, à des résultats objectivables…


lundi 8 avril 2019

"toutes nos caisses sont accessibles"

Toutes nos caisses sont accessibles"



J’ai vu, il y a peu de temps, cette affichette apposée aux caisses d’une grande surface spécialisée en articles de sports et de loisirs, avec donc cette indication : « Toutes nos caisses sont prioritaires », illustrée de deux logos, celui d’une personne handicapée en fauteuil, et celui d’une femme enceinte. Habituellement, dans les grandes surfaces, on trouve le plus souvent quelques caisses « prioritaires » pour les mêmes catégories de personnes.


On trouve là une illustration de la différence entre la notion de milieu inclusif (une société inclusive) et la simple inclusion (remplaçant quelque peu le mot intégration).

mercredi 20 mars 2019

"t'iras à la table des handicapés"

"T'iras à la table des handicapés !"


Plus précisément : « Si t’arrêtes pas tes bêtises, t’iras manger à la table des handicapés ! ». Tel est le propos qui fut tenu par une agente de service de restauration en école maternelle, et qui me fut rapporté par une éducatrice outrée, il y a de cela quelques années. Dans cette école maternelle, il existait ce que l’on nomme aujourd’hui une unité d’enseignement externalisée, accueillant quelques enfants sourds, de la petite section à la grande section. Ces jeunes sourds étaient régulièrement inclus dans leurs classes d’appartenance, accompagnés de leurs enseignants spécialisés ou d’interfaces en langue des signes. Sur le temps de restauration scolaire, ils étaient regroupés à une table, où s’installait également leur éducatrice spécialisée.

vendredi 15 mars 2019

d'une bonne idée faire un piège : le PIAL

D'une bonne idée faire un piège : le PIAL


Les Pôles inclusifs d’accompagnement localisés (PIAL) ont été évoqués pour la première fois à l’été 2018, et il est annoncé leur mise en place de manière imminente. Ils ont pour objectifs de favoriser la prise en charge par les enseignants ordinaires des élèves en situation de handicap dans la perspective d’une école inclusive.

Annoncée de cette manière, quelle meilleure idée en effet que ce type de dispositif, faisant passer le focus de la compensation vers celui de l’organisation pédagogique, prônant et organisant la non discrimination d’une catégorie d’élèves, la confiance accordée aux enseignants dans leurs savoir-faire pour répondre au moins partiellement aux besoins et aux difficultés d’apprentissage de ces élèves, l’engagement de toute la communauté éducative dans le développement de l’école inclusive, la synergie de tous les acteurs pour la réalisation d’un projet de scolarisation d’un élève ? Face aux difficultés de la mise en place d’une école inclusive, voici donc apparemment un nouveau dispositif ayant pour objectif une amélioration volontariste de la prise en compte de la situation des élèves handicapés dans les établissements scolaires.

vendredi 8 mars 2019

besoins, évaluation et évaluationnite

Besoins, évaluation et évaluationnite


Bien souvent, les réponses apportées aux usagers du secteur médico-social tiennent davantage à l’existence des réponses en tant que ressources professionnelles et institutionnelles que de l’analyse « objective » (l’objectivité ne pouvant être absolue) des besoins des personnes. La présence d’un musico-thérapeute ou d’un artiste dans un Institut spécialisé pour enfants ayant une déficience intellectuelle « produit » un besoin d’expression musicale ou artistique pour ces enfants. La présence d’enseignants spécialisés dans un institut spécialisé pour jeunes sourds « produit » un besoin de pédagogie spécialisée pour les jeunes sourds, alors que là où ces enseignants n’existent pas, la réponse aux besoins fait appel à des interfaces ou des interprètes en langue des signes. La multiplicité et la diversité des réponses professionnelles crée la multiplicité et la diversité des besoins.

lundi 4 mars 2019

rapport ONU sur les droits des personnes handicapées en France

Rapport de la rapporteuse de l'ONU sur les droits des personnes handicapées en France

Suite à une visite de la rapporteuse de l'ONU en octobre 2017 en France, la rapporteuse a présenté un rapport à l'Assemblée Générale.
Accéder à l'annexe du rapport sur la situation en France

vendredi 1 mars 2019

le handicap n'est pas mort

Le handicap n'est pas mort


Ces dernières périodes ont vu des évolutions significatives dans la définition des concepts relatifs aux contenus qui sont liés à la notion de handicap : distinctions handicap/déficience, incapacités/déficiences, handicap/situation de handicap, approche par les droits humains… Dans cet ordre des choses, on pouvait penser, à l’appui en particulier de la classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIH) ou encore plus du modèle de développement humain – processus de production du handicap (MDH-PPH), qu’il n’était plus permis de confondre, ni en pensée, ni en action, ni en intervention, un handicap avec une situation vécue par une personne en « situation de vie ».

lundi 25 février 2019

l'enseignement : spécialisé ou différencié ?

L'enseignement : spécialisé ou différencié ?


L’une des justifications de l’enseignement spécialisé (et des établissements spécialisés) fait référence à l’inadaptation de l’école à des profils spécifiques, dont les caractéristiques sont identifiées et réunies par catégories de déficiences. Dans l’hypothèse d’une école radicalement inadaptée (faisant fi des évolutions significatives qu’elle a instaurées), il est considéré comme nécessaire de mettre en place des dispositifs spécialisés qui prennent en compte les caractéristiques individuelles des élèves. Lorsque ces caractéristiques sont les troubles et les déficiences, ce sont en définitive ceux-ci qui sont considérés comme la cause de l’inadaptation de l’école, en ce que celle-ci serait en quelque sorte étrangère à ces situations. On a là un contre argument à l’inclusion : si l’école n’est pas adaptée, c’est en raison de l’inadaptation de certains élèves.

jeudi 14 février 2019

des "compensations inopportunes"

Des "compensations inopportunes"


Le philosophe Bertrand Quentin caractérise une des attitudes envers les personnes handicapées comme « une compensation inopportune ». « Les professionnels qui travaillent dans le monde du handicap, les familles elles-mêmes, peuvent en venir à une forme de compassion qui les amène à vouloir retirer à la personne en situation de handicap un souci, un fardeau, une épreuve de la vie de tous les jours. Le raisonnement étant : « c’est déjà difficile d’être handicapé, alors on ne va pas lui ajouter ce poids supplémentaire. » (B. Quentin, Anthropologie philosophique et vulnérabilité, in Penser l’Humain vulnérable, dir D Jousset et al., PUR, 2017 ; voir aussi du même auteur : La philosophie face au handicap, érès, 2013).

mercredi 6 février 2019

un rêve : avoir de bons élèves

Un rêve : avoir de bons élèves


En fréquentant les salles des profs et les conseils de classe en collège, on perçoit combien le souhait d’avoir dans ses classes de bons élèves, et même de n’avoir que des bons élèves, tient du rêve éveillé, tout en n’étant pas dupe, face aux réalités de l’hétérogénéité mêlant « bons et mauvais » élèves. Il est arrivé plusieurs fois que lors d’un conseil de classe, à l’examen du bulletin scolaire de tel·le bon·ne élève, j’entende un professeur tenir des propos de cette nature : « Ah ! s’il n’y avait que des élèves comme elle ! », elle étant, par exemple, une collégienne ayant de bonnes notes (entre 15 et 20 généralement, même en Education physique et sportive !), participante en classe, gentille avec les autres et appréciée d’eux, parfois déléguée de classe, ou dont le parent élu peut aussi être présent.

vendredi 1 février 2019

la photo de classe

La photo de classe


La photo de classe est un moment important dans le processus d’identité/identification d’un écolier ou d’un collégien. Aussi est-il curieux et intéressant de voir comment les choses se passent lors de la « cérémonie » de la photo de classe lorsqu’il y a une Unité localisée pour l’inclusion scolaire (ULIS) dans un collège. Les élèves affectés à ce dispositif ULIS auront-ils une photo collective de leur « classe/ULIS » ? Ou bien au contraire poseront-ils avec les autres élèves, chacun dans sa classe de référence ? La question n’est pas anodine au regard de la problématique de l’inclusion scolaire et du positionnement de l’établissement scolaire sur la scolarisation des élèves en situation de handicap.

lundi 28 janvier 2019

"c'est trop difficile pour eux"

"C'est trop difficile pour eux ! "


Dans les parcours de scolarisation des enfants en situation de handicap, les questions qui se posent sont cruciales quand il s’agit de leur « passage dans la classe supérieure » ou de leur orientation. Lorsque cette question se pose dans le cadre d’un Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) mettant en présence l’élève, ses parents, des professionnels de l’établissement scolaire et d’un service médico-social spécialisé dans leur accompagnement, on assiste bien souvent à des prises de positions et des propos reflétant les représentations profondes des acteurs sur les personnes qui vivent des situations de handicap.

mercredi 23 janvier 2019

dire, pour (et) ne pas agir

Dire, pour (et) ne pas agir


Publié dans Lien Social, n° 1242 
du 8 janvier 2019

On assiste actuellement à un étonnant phénomène de simultanéité avec une célébration intense de l’école et de la société inclusive, et l’existence opiniâtre de nombreuses et graves difficultés vécues par les élèves handicapés et leur famille à faire concrétiser au quotidien le droit, inclusif, de leur enfant à aller à l’école dans des conditions satisfaisantes. Le réel résiste au discours. Et pourtant…

mercredi 16 janvier 2019

peut-on limiter l'inclusion ?

Peut-on limiter l'inclusion ?


Si l’on se place du côté des droits humains en général, et de ceux des personnes handicapées tels qu’ils ont été définis dans la Conventions des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées de 2006, la réponse est clairement négative. En effet, au non de quel droit, de quel principe, une différence (un écart à la norme, une déficience physiologique, une capacité réduite de certaines activités, ou d’autres caractéristiques personnelles) serait-elle de nature à justifier de moins de droits que les autres humains qui n’auraient pas ces caractéristiques ?

mercredi 9 janvier 2019

le CAPEJS, une incongruité ?

Le CAPEJS, une incongruité ?

Résumé : Dans le contexte inclusif contemporain de la scolarisation, il apparait pour le moins paradoxal que soit publiée une réglementation officielle instituant un certificat d'aptitude à l'enseignement complètement en dehors du champ des certifications du système scolaire de l'Education nationale. Le CAPEJS - certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement des jeunes sourds - est en effet une certification sous responsabilité du ministère des affaires sociales / solidarité / personnes handicapées. Le maintien d'une telle ségrégation dans la formation des personnels enseignants auprès des jeunes sourds ne peut manquer de conforter des ségrégations dans la scolarisation des jeunes sourds, à rebours des orientations politiques inclusives affichées. Des rapports officiels viennent également "légitimer", pour de bonnes ou de mauvaises raisons, une telle situation.

vendredi 4 janvier 2019

un semblant de participation des usagers

Un semblant de participation des usagers


Il m’est arrivé d’être invité, il y a quelques années (10 ans quand même après la loi de 2005, et 13 ans après la loi de 2002, lois fondamentales dans les évolutions de la prise en compte des personnes en situation de handicap dans la société), à une journée associative d’une grosse association départementale gérant plus d’une dizaine d’établissements et de services pour personnes handicapées, enfants et adultes. L’une des thématiques de cette journée associative était la participation des usagers, dont certaines modalités étaient présentes dans la loi de 2002 et les principes affirmés dans la loi de 2005.