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ancien cadre dans le secteur médico-social et formateur, je suis actuellement formateur certifié sur le modèle de développement humain-processus de production du handicap, et dans les domaine des politiques inclusives

lundi 14 octobre 2019

sanitarisation du handicap

Sanitarisation du handicap


Il peut sembler paradoxal d’évoquer une sanitarisation du handicap à l’heure ou les personnes en situation de handicap sont davantage reconnues dans leurs droits, tant dans la philosophie de la loi de 2005 sur « l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » que dans la Convention relative aux droits des personnes handicapées, ratifiée par la France en 2010. Ces évolutions sont accompagnées d’un discours prétendant faire évoluer les conceptions d’une approche de soins ver une approche de droits. Pour autant, traces du passé et injonctions du présent, les personnes en situation de handicap font toujours l’objet d’un enjeu prioritaire de soins.

Tout d’abord en ce que la notion de santé a évolué : depuis la fin de seconde guerre mondiale, la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, qui ne consiste pas seulement en l'absence de maladies ou d'infirmité. A ce titre, la préoccupation de santé recouvre d’immenses domaines du fonctionnement humain, y compris dans ses aspects sociaux. Lorsqu’il n’y a pas de problème majeur de fonctionnement, les conséquences de cette approche ne sont pas visibles, mais dès lors qu’il y a handicap, tous les aspects de la vie ont tendance à être soumis à des critères de santé.

Les vieilles habitudes dans les pratiques de prise en charge des personnes handicapées n’ont bien évidemment pas disparu. Le thérapeutique, présent dans le triangle institutionnel pédagogique/éducatif/thérapeutique a pris de l’ampleur à l’appui des innovations thérapeutiques et cliniques et de la croissance exponentielle des professionnels paramédicaux. Au point même parfois que ce volet soit parfois mis comme pilote des volets éducatifs et pédagogiques (en termes de méthodes comme de priorités d’intervention). A l’image de ce qui se passe dans les EHPAD, où les grilles médicales sont d’une importance extrême dans les modèles tarifaires (prestations de soins ou celles relevant de la perte d’autonomie), dans une moindre mesure, les critères qui arrivent des les services de personnes handicapés sont très référés aux soins, et les prestations validées au regard des besoins de santé au sens large (et quasi comprenant l’autonomie et la participation sociale). La préoccupation de soin reste encore première par rapport à celle de droits.

Depuis 2009, le secteur médico-social, maitre d’œuvre de l’accompagnement des personnes en situation de handicap, est rattaché, pour ne pas dire soumis, aux Agences Régionales de Santé. Cela a remis le contexte politique, organisationnel, et idéologique de l’accompagnement dans une problématique politique, organisationnelle et idéologique de gestion de la Santé. Les priorités descendant de l’administration de la santé sur le terrain de l’accompagnement sont bien évidemment dans ce contexte des priorités de santé, renforçant dans les pratiques une approche de santé.

Ces orientations et tendances sociétales se heurtent aux objectifs de participation sociale, d’autonomie, qui sont pourtant la marque du rapport des sociétés avec les personnes handicapées. Et ce n’est pas l’exercice du droit des usagers, par analogie avec les droits du patient dans le rapport de la société aux malades, qui va lever l’obstacle. Bien sûr, il s’agit de droits fondamentaux que les lois médico-sociale et hospitalière ont posé. Mais ils cantonnent dans le même temps les malades dans leur statut de malade, et les personnes handicapées dans leur statut d’usager d’établissement ou de service. Ce n’est pas en poussant plus loin la logique du rapport patient/hôpital que l’on trouvera les solutions les plus pertinentes pour mette en place une politique d’émancipation dans le rapport personnes handicapées/société, en sortant d’une problématique prioritaire de soin. Ce n’est pas en améliorant la chandelle qu’on a trouvé l’électricité !

mercredi 9 octobre 2019

Orientation et auto-censure

Orientation et auto-censure


Les phénomènes d’auto-censure dans l’orientation scolaire des jeunes issus de milieux populaires et défavorisés sont aujourd’hui bien connu. De nombreuses recherches en sciences sociales et de l’éducation ont bien mis en évidence ce phénomène (parmi de nombreux ouvrages, trois récents : S. Garcia, Le goût de l’effort, PUF, 2018 ; D. Guilbaud, L’illusion méritocratique, Odile Jacob, 2018 ; B. Lahire, Enfances de classe, 2019). Récemment aussi, le film La vie scolaire (Grand Corps Malade, Mehdi Idir, 2019) met le doigt sur cette question.


vendredi 4 octobre 2019

Publication : l'assignation aux "handicaps associés"

L'éducation inclusive à l'épreuve des catégories : les effets de l'assignation aux handicaps associés

Publié dans la Nouvelle revue Education et société inclusive, n°83-84, novembre 2018, p.125-130



Les institutions, pour diverses raisons, ont une propension forte à mettre les personnes en catégories : cela facilite bien souvent les organisations. Cela donne également, à destination des professionnels et des parents, une grille de lecture pratique, de pensée et d’action, pour comprendre les situations de certaines personnes. Les catégorisations procèdent d’une « épistémologie pratique » (Benoit, 2013), c’est-à-dire d’une carte déterminée de réponses éducatives, thérapeutiques ou pédagogiques à l’égard des personnes qui font partie de la catégorie constituée. Tel est le cas de la catégorie handicap(s) associé(s). La situation évoquée ici concerne plus particulièrement une expérience avec des jeunes sourds avec handicaps associés.


lundi 30 septembre 2019

Machiavel manager

Machiavel manager


Depuis que le concept de ressources humaines, les RH, a été mis au-devant de la scène dans l’entreprise ou même dans toute organisation, avec le management comme outil de mise en œuvre d’une entreprise efficace, et même parfois heureuse (ces entreprises qui visent, outre leur cœur de services, l’accomplissement personnel de chacun de leurs salariés), on n’a jamais autant parlé non plus des effets de la face cachée et douloureuse de ce management, en définitive pas si séduisant que veulent bien le présenter ses thuriféraires et ses promoteurs. Et l’on voit même bien souvent que les pires des entreprises mettent en avant leur préoccupation première du bien-être de leurs salariés et revendiquent un management humain exemplaire (un exemple récent nous a été donné dans un numéro de Cash Investigation, du 24 septembre 2019, sur les « petites mains » de fabrication des algorithmes de l’intelligence artificielle).


mardi 24 septembre 2019

externalisées ou internalisées ?

Externalisées ou internalisées ?


Les classes externalisées des établissements médico-sociaux dans les établissements scolaires constituent une évolution notable dans l’architecture de la scolarisation des enfants en situation de handicap. Les premières classes de ce type étaient « délocalisées ». Le terme désignait bien la chose : bien souvent il s’agissait d’un déménagement des élèves, des professionnels, des meubles et des outils de l’établissement spécialisé vers l’établissement ordinaire. Pour ma part, j’ai connu cette expérience avec des classes d’enfants sourds au début des années 1990.


mercredi 18 septembre 2019

"crise = problème de sous"

" Crise = problème de sous"

Il y a maintenant bien longtemps, environ une vingtaine d’années, une délégation (dont je ne me souviens pas de la nature) était venue découvrir et visiter les dispositifs de scolarisation et d’accompagnement à la scolarisation des jeunes sourds en collège. Il s’agissait en l’occurrence de ce que l’on pourrait qualifier aujourd’hui d’unité d’enseignement externalisée, où les jeunes assistaient à un certain nombre de cours dans la classe de collège, accompagnés par des enseignants spécialisés auprès de jeunes sourds (titulaires du Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement des jeunes sourds, le CAPEJS).


vendredi 13 septembre 2019

usagers, professionnels, organisations

Usagers, professionnels, organisations


Dans le secteur médico-social, il est des évolutions qui parfois font violence aux professionnels tant elles font rupture avec les habitudes professionnelles au niveau culturel ou conceptuel (représentations) et au niveau des pratiques (modalités d’action). Deux de ces ruptures tiennent d’une part aux modalités de gestion des établissements et service (contrôles, évaluations, reporting, suivi d’activités, rareté des ressources….), d’autre part aux manières de se représenter les personnes en situation de handicap et leur place dans la société, l’inclusion (scolaire par exemple) en étant une manifestation.


vendredi 6 septembre 2019

vivre ensemble, vivre entre-soi

Vivre ensemble, vivre entre-soi


Vivre ensemble et vivre entre-soi, et en ce qui concerner l’école apprendre ensemble et apprendre entre-soi, sont des notions souvent confondues et souvent réunies sous un beau discours sur la première notion. Pour les enfants en situation de handicap, on est passé, davantage d’ailleurs dans les intentions politiques que dans les pratiques institutionnelles, du vivre entre-soi des institutions spécialisées au vivre ensemble de l’intégration, puis de l’inclusion, puis de la scolarisation inclusive.


lundi 2 septembre 2019

Inclusion et restriction de moyens

Inclusion et restrictions de moyens


Lorsque je fais des formations ou des conférences sur l’inclusion ou l’école inclusive, il ne manque jamais dans les débats ou discussions que quelqu’un n’objecte que l’inclusion est avant tout une manière de réduire les ressources et les moyens en faveur des personnes en situation de handicap. Et d’ailleurs, d’une manière plus générale, que les mesures publiques prises sous prétexte de progrès et d’amélioration de la situation de certaines catégories de populations ont des conséquences désastreuses en matière de ressources ou d’aides pour les plus démunis et de droits pour les plus vulnérables. Il faut bien avouer que les craintes sont légitimes à l’observation de ce qui se passe pour les chômeurs, les retraités et futurs retraités, les pauvres, etc.


jeudi 29 août 2019

droits et inclusion, soins et intégration

Droits et inclusion, soins et intégration


Le handicap peut être compris soit comme un problème individuel et de santé, soit comme un problème social et d’accès aux droits, les deux perspectives pouvant être autant complémentaires que contradictoires.

Lorsqu’on envisage le handicap uniquement sous l’aspect du fonctionnement humain, même en y intégrant des facteurs contextuels, sous l’influence de phénomènes de santé, on est tenté par la priorisation de la compensation (réparation, rééducation, réadaptation, aides). L’intégration scolaire si situe dans ce paradigme, dans la mesure où elle met la proximité ou la conformité avec l’environnement ordinaire, obtenues après rééducation par exemple, comme condition à la présence dans l’école pour tous.


vendredi 23 août 2019

mais où est passé le rapport de l'ONU?

Mais où est donc passé le rapport de l'ONU ?


En janvier 2019 fut publié le Rapport de la Rapporteuse spéciale sur les droits des personnes handicapées, chargée d’observer comment le pays met en œuvre les principes et les préconisations de la convention relatives aux droits des personnes handicapées de l’ONU. Ce rapport faisait suite à la visite de la rapporteuse, Madame Catalina Devandas-Aguilar, en France en octobre 2017. Le rapport était relativement sévère envers les politiques publiques françaises relatives aux personnes handicapées.


vendredi 21 juin 2019

difficultés, incapacité et orientatioin

Difficultés, incapacité et orientation


Un élève handicapé aurait « par nature » des incapacités, qui lui interdisent d’effectuer ce que réalisent les élèves de son âge. Telle est encore bien souvent la représentation qu’ont des élèves handicapés les enseignants et également beaucoup de professionnels « spécialisés » dans et autour du handicap : médecins, professionnels para-médicaux, éducateurs, psychologues, enseignants spécialisés. Témoignent de cette pérennité de représentations les orientations parfois complaisantes vers des filières spécialisées, adaptées, et l’accès interdit ou restreint vers les filières auxquelles accède la plupart des élèves.


vendredi 14 juin 2019

handicap et origines sociales

Handicap et origines sociales


Pour quelles raisons y a-t-il davantage d’enfants handicapés originaires de catégories sociales défavorisées, en particulier des enfants présentant des troubles cognitifs ou intellectuels ou des troubles psychiques ? Ces données sont mises en évidence dans une étude de la Direction de l’Evaluation, de la Prospective et de la Performance du Ministère de l’éducation nationale : Sylvie Le Laidier, Parcours scolaires à l’école et au collège (in Education et Formation, n° 95, décembre 2017), étude réalisée sur deux cohortes d’élèves handicapés nés en 2001 et en 2005.


vendredi 7 juin 2019

instruction ou assistance

Instruction ou assistance


Ces termes d’instruction et d’assistance sont quelque peu désuets au regard de la qualification contemporaine, plus technique peut-être, d’éducation et de médico-social. Pourtant, à l’heure où dans les Instituts nationaux pour les jeunes sourds et les jeunes aveugle l’on s’agit passablement face aux intentions politiques d’évolution (rattachement à l’éducation nationale pour la partie enseignement ou aux Agences régionales de santé pour la partie médico-sociale), je ne peux m’empêcher de citer un texte de Henri-Jacques STIKER qui rappelle les références à cette terminologie, et qui m’évoquent quelques débats actuels.

lundi 3 juin 2019

ULIS, inclusion et exclusion

L'ULIS, inclusion et exclusion


L’ULIS est une unité localisée pour l’inclusion scolaire. Elle a remplacé il y a quelques années déjà les CLIS (Classes d’intégration scolaire) et les UPI (Unités pédagogiques d’intégration). Avec l’emploi de cette terminologie, ULIS, on aurait pu s’attendre à trouver dans le titre de cet article le seul terme d’inclusion. Si j’ai choisi cependant également le terme exclusion, c’est que le dispositif en question relève à la fois de l’inclusion et à la fois de l’exclusion.

Bien sûr l’ULIS permet à des élèves, autrefois hors de l’école, dans des institutions médico-sociales qui ne se préoccupaient pas toujours de les scolariser, d’être présents dans les établissements scolaires. Il ne faut toutefois pas oublier que nombreux sont encore les élèves qui sont dans ces institutions médico-sociales, qui n’ont qu’une possibilité partielle (voire nulle pour certains d’entre eux) d’être scolarisés dans les établissements scolaires à travers les dispositifs dits externalisés qui ont fait l’objet d’une politique injonctive dans la période récente. L’on peut considérer que les dispositifs (ULIS, UPI, CLIS) ont installé des enfants en situation de handicap dans l’école en tant qu’espace physique regroupant des enfants pour des activités scolaires.


lundi 27 mai 2019

"Il vaut mieux la cacher"

" Il vaut mieux la cacher !"


Voici une histoire édifiante, qu’une professionnelle m’a racontée il y a quelques années. Cette professionnelle travaillait alors dans un CAMSP, un Centre d’action médico-sociale précoce, spécialisé dans la déficience auditive, rattaché (et situé dans) un grand hôpital universitaire. Il accueillait donc des parents de jeunes enfants diagnostiqués ou suspects de déficience auditive.

Après bien des débats éthiques (et idéologiques), la décision fut prise d’embaucher dans l’équipe professionnelle, très médicale (médecins ORL, orthophonistes, psychologues, psychomotricien, et quand même une assistante de service social), une personne sourde. Son embauche se fit non pas sur son identité de personne sourde (comme ce fut le cas dans bien des institutions), mais sur ses qualifications professionnelles d’éducatrice spécialisée, et sur sa maîtrise de la langue des signes.


vendredi 17 mai 2019

Présentation : l'externalisation des unités d'enseignement

L'externalisation des unités d'enseignement

Présentation diaporama de mon intervention dans la formation des enseignants spécialisés d'unités d'enseignement le 14 mai 2019, Académie de Lille Lille 1-Lille 3 ASH.
Cette intervention s'est déroulée à l'IEM Dabadie - Association des Paralysés de France à Villeneuve-d'Ascq.

lundi 13 mai 2019

droits et besoins

Droits et besoins


Il y a toujours une certaine ambiguïté à nommer ce qui qualifie, et par là-même parfois les identifie, les personnes en situation de handicap. Sur le plan politique, tant dans les discours les concernant que dans la réglementation, c’est le terme citoyen qui est utilisé, ou à tout le moins évoqué, remettant ces personnes dans le monde commun des droits de tous et de chacun. Dès lors qu’ils sont, parce qu’en situation de handicap, en relation avec une organisation qui a pour vocation de les accompagner (au sens le plus large de ce terme), ils deviennent des usagers, des bénéficiaires ou des clients. On y discute même de savoir lequel de ces trois termes définira le mieux le champ de leur plus grande autonomie et de leur plus grande responsabilité d’engagement.

vendredi 10 mai 2019

article : l'usager, le professionnel et le manager

L'usager, le professionnel et le manager


J'ai le plaisir d'avoir été publié dans la revue VST - Vie sociale et traitements , revue du champ social et de la santé mentale, N° 142, 2ième trimestre 2019, p.82-88

Résumé : Les politiques publiques et les exigences gestionnaires ont eu pour effet une évolution radicale dans les fonctions de dirigeance des établissements sociaux et médico-sociaux. Les directeurs issus du travail social ont été remplacés par des managers dont les préoccupations premières sont de garantir le fonctionnement organisationnel et budgétaire des établissements. Cela dans un implicite qui considérerait que l'éloignement des préoccupations de travail social serait une garantie de qualité de bonne pratique de gestion. Ces évolutions ne sont pas sans conséquences, positives et négatives, sur l'exercice des pratiques professionnelles et sur la participation sociale des usagers.

article accessible via la plate-forme CAIRN

vendredi 3 mai 2019

le théorème du lampadaire

Le théorème du lampadaire


Jean-Paul Fitoussi, économiste hétérodoxe, a publié en 2013 un ouvrage intitulé : Le théorème du lampadaire. Le titre rappelle cette histoire drôle d’une personne ivre qui ayant perdu ses clés, persiste à ne les rechercher que dans l’espace éclairé du lampadaire devant son domicile ; au passant qui s’étonne de cette attitude et qui l’interroge sur les raisons de la recherche des clés à ce seul endroit, il répond : « oui, mais là, c’est éclairé ». Pour Fitoussi, la science économique contemporaine n’est constituée que de ce qu’elle est capable d’expliquer et est incapable de traiter les problèmes économiques majeurs de notre époque. Elle ne fournit que les réponses locales de ce qui est éclairé. C’est le même modèle d’analyse qu’on peut appliquer aux pratiques professionnelles des établissements médico-sociaux.

vendredi 26 avril 2019

un projet et des soins

Un projet et des soins


Les personnes ayant des déficiences, des maladies, des troubles, des incapacités, ont d’abord et longtemps été « traitées » sur le plan exclusif du soin : soins au sens du cure (soigner) et du care (prendre soin). Puis est venu le temps des réponses identifiées par rapport à un projet, dont l’élaboration revient de plus en plus à la personne concernée. Cette évolution s’est manifestée par la notion d’accompagnement, en remplacement de la notion de prise en charge.

Pour autant les anciennes représentations, pratiques, idéologies, ancrées dans la primauté du soin, ont-elles disparu ? L’observation et l’articulation entre parcours de soin et accompagnement, entre coordination de soin et coordination de parcours, fournit des repères d’analyse de ces évolutions et immobilismes.

mardi 23 avril 2019

lecture - Les enfants du silence

Les enfants du silence - donner une voix à ceux qui n'en ont pas
de Céline BOUSSIE (Harper Collins, 2019)


C’est un récit/témoignage de la vie dans une institution de jeunes et de jeunes adultes handicapés, sur les conditions de vie intolérables de ces jeunes, sur les conditions de travail insupportables des professionnels, sur le fonctionnement pathologique d’une institution, sur le combat sisyphéen d’une lanceuse d’alerte dénonçant ces conditions de maltraitance extrêmes de cette institution.


C’est un récit qu’on lit d’une traite, pour peu que l’on soit sensibilisé, et révolté, par rapport aux conditions que décrit et dénonce l’auteure, tant sont prenantes aussi l’émergence, la montée et la mise en action de la prise de conscience, jusqu’à la rupture, et dans la poursuite d’un combat dont la réussite n’était pas évidente.

vendredi 12 avril 2019

normes, subjectivité et travail invisible

Normes, subjectivité et travail invisible


Dans le film Les Invisibles (L-J Petit, 2018), l’on voit bien comment le travail d’accompagnement, et la qualité ainsi que l’efficacité de ce travail, ne se satisfont pas, comme le voudraient et comme le prétendent les technocrates de l’accompagnement, du care ou du travail social, à de bonnes pratiques normées à mettre en œuvre, à des cases à cocher, à des reporting d’interventions dans un dossier, à la mesure de la conformité des interventions à des attendus, à des résultats objectivables…


lundi 8 avril 2019

"toutes nos caisses sont accessibles"

Toutes nos caisses sont accessibles"



J’ai vu, il y a peu de temps, cette affichette apposée aux caisses d’une grande surface spécialisée en articles de sports et de loisirs, avec donc cette indication : « Toutes nos caisses sont prioritaires », illustrée de deux logos, celui d’une personne handicapée en fauteuil, et celui d’une femme enceinte. Habituellement, dans les grandes surfaces, on trouve le plus souvent quelques caisses « prioritaires » pour les mêmes catégories de personnes.


On trouve là une illustration de la différence entre la notion de milieu inclusif (une société inclusive) et la simple inclusion (remplaçant quelque peu le mot intégration).

mercredi 20 mars 2019

"t'iras à la table des handicapés"

"T'iras à la table des handicapés !"


Plus précisément : « Si t’arrêtes pas tes bêtises, t’iras manger à la table des handicapés ! ». Tel est le propos qui fut tenu par une agente de service de restauration en école maternelle, et qui me fut rapporté par une éducatrice outrée, il y a de cela quelques années. Dans cette école maternelle, il existait ce que l’on nomme aujourd’hui une unité d’enseignement externalisée, accueillant quelques enfants sourds, de la petite section à la grande section. Ces jeunes sourds étaient régulièrement inclus dans leurs classes d’appartenance, accompagnés de leurs enseignants spécialisés ou d’interfaces en langue des signes. Sur le temps de restauration scolaire, ils étaient regroupés à une table, où s’installait également leur éducatrice spécialisée.