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Formateur certifié sur le Processus de Production du Handicap (PPH) au sein du Réseau International du PPH
Conférencier : école inclusive, scolarisation des élèves sourds et handicapés, approches conceptuelles du handicap
Administrateur d'une association régionale de formation en travail social
Carrière professionnelle :
J'ai d'abord exercé comme enseignant spécialisé auprès de jeunes sourds. J'ai ensuite exercé différentes missions d'encadrement dans des établissements et services du secteur médico-social. Parallèlement, j'ai été formateur dans différents organismes. J'ai publié de nombreux articles dans des revues professionnelles, et un ouvrage aux éditions l'Harmattan en 2004.
Je suis en retraite depuis l'été 2016.

jeudi 14 février 2019

des "compensations inopportunes"

Des "compensations inopportunes"


Le philosophe Bertrand Quentin caractérise une des attitudes envers les personnes handicapées comme « une compensation inopportune ». « Les professionnels qui travaillent dans le monde du handicap, les familles elles-mêmes, peuvent en venir à une forme de compassion qui les amène à vouloir retirer à la personne en situation de handicap un souci, un fardeau, une épreuve de la vie de tous les jours. Le raisonnement étant : « c’est déjà difficile d’être handicapé, alors on ne va pas lui ajouter ce poids supplémentaire. » (B. Quentin, Anthropologie philosophique et vulnérabilité, in Penser l’Humain vulnérable, dir D Jousset et al., PUR, 2017 ; voir aussi du même auteur : La philosophie face au handicap, érès, 2013).

mercredi 6 février 2019

un rêve : avoir de bons élèves

Un rêve : avoir de bons élèves


En fréquentant les salles des profs et les conseils de classe en collège, on perçoit combien le souhait d’avoir dans ses classes de bons élèves, et même de n’avoir que des bons élèves, tient du rêve éveillé, tout en n’étant pas dupe, face aux réalités de l’hétérogénéité mêlant « bons et mauvais » élèves. Il est arrivé plusieurs fois que lors d’un conseil de classe, à l’examen du bulletin scolaire de tel·le bon·ne élève, j’entende un professeur tenir des propos de cette nature : « Ah ! s’il n’y avait que des élèves comme elle ! », elle étant, par exemple, une collégienne ayant de bonnes notes (entre 15 et 20 généralement, même en Education physique et sportive !), participante en classe, gentille avec les autres et appréciée d’eux, parfois déléguée de classe, ou dont le parent élu peut aussi être présent.

vendredi 1 février 2019

la photo de classe

La photo de classe


La photo de classe est un moment important dans le processus d’identité/identification d’un écolier ou d’un collégien. Aussi est-il curieux et intéressant de voir comment les choses se passent lors de la « cérémonie » de la photo de classe lorsqu’il y a une Unité localisée pour l’inclusion scolaire (ULIS) dans un collège. Les élèves affectés à ce dispositif ULIS auront-ils une photo collective de leur « classe/ULIS » ? Ou bien au contraire poseront-ils avec les autres élèves, chacun dans sa classe de référence ? La question n’est pas anodine au regard de la problématique de l’inclusion scolaire et du positionnement de l’établissement scolaire sur la scolarisation des élèves en situation de handicap.

lundi 28 janvier 2019

"c'est trop difficile pour eux"

"C'est trop difficile pour eux ! "


Dans les parcours de scolarisation des enfants en situation de handicap, les questions qui se posent sont cruciales quand il s’agit de leur « passage dans la classe supérieure » ou de leur orientation. Lorsque cette question se pose dans le cadre d’un Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) mettant en présence l’élève, ses parents, des professionnels de l’établissement scolaire et d’un service médico-social spécialisé dans leur accompagnement, on assiste bien souvent à des prises de positions et des propos reflétant les représentations profondes des acteurs sur les personnes qui vivent des situations de handicap.

mercredi 23 janvier 2019

dire, pour (et) ne pas agir

Dire, pour (et) ne pas agir


Publié dans Lien Social, n° 1242 
du 8 janvier 2019

On assiste actuellement à un étonnant phénomène de simultanéité avec une célébration intense de l’école et de la société inclusive, et l’existence opiniâtre de nombreuses et graves difficultés vécues par les élèves handicapés et leur famille à faire concrétiser au quotidien le droit, inclusif, de leur enfant à aller à l’école dans des conditions satisfaisantes. Le réel résiste au discours. Et pourtant…

mercredi 16 janvier 2019

peut-on limiter l'inclusion ?

Peut-on limiter l'inclusion ?


Si l’on se place du côté des droits humains en général, et de ceux des personnes handicapées tels qu’ils ont été définis dans la Conventions des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées de 2006, la réponse est clairement négative. En effet, au non de quel droit, de quel principe, une différence (un écart à la norme, une déficience physiologique, une capacité réduite de certaines activités, ou d’autres caractéristiques personnelles) serait-elle de nature à justifier de moins de droits que les autres humains qui n’auraient pas ces caractéristiques ?

mercredi 9 janvier 2019

le CAPEJS, une incongruité ?

Le CAPEJS, une incongruité ?

Résumé : Dans le contexte inclusif contemporain de la scolarisation, il apparait pour le moins paradoxal que soit publiée une réglementation officielle instituant un certificat d'aptitude à l'enseignement complètement en dehors du champ des certifications du système scolaire de l'Education nationale. Le CAPEJS - certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement des jeunes sourds - est en effet une certification sous responsabilité du ministère des affaires sociales / solidarité / personnes handicapées. Le maintien d'une telle ségrégation dans la formation des personnels enseignants auprès des jeunes sourds ne peut manquer de conforter des ségrégations dans la scolarisation des jeunes sourds, à rebours des orientations politiques inclusives affichées. Des rapports officiels viennent également "légitimer", pour de bonnes ou de mauvaises raisons, une telle situation.

vendredi 4 janvier 2019

un semblant de participation des usagers

Un semblant de participation des usagers


Il m’est arrivé d’être invité, il y a quelques années (10 ans quand même après la loi de 2005, et 13 ans après la loi de 2002, lois fondamentales dans les évolutions de la prise en compte des personnes en situation de handicap dans la société), à une journée associative d’une grosse association départementale gérant plus d’une dizaine d’établissements et de services pour personnes handicapées, enfants et adultes. L’une des thématiques de cette journée associative était la participation des usagers, dont certaines modalités étaient présentes dans la loi de 2002 et les principes affirmés dans la loi de 2005.

vendredi 21 décembre 2018

lecture : L'éducation inclusive

L'éducation inclusive. Un processus en coursde Magdalena KOHOUT-DIAZ, érès, 2018


Voici un ouvrage qui présente l’intérêt de brasser des questions fondamentales sur la place des enfants en situation de handicap à l’école, et sur la manière de répondre à leurs besoins. Y sont interrogés les rapports entre besoins pédagogiques et éducatifs et les caractéristiques des déficiences ou des troubles, autrement dit entre pédagogie/éducation et médecine. Y est interrogée également la notion de besoin éducatif particulier (BEP) qui, après les espoirs initiaux d’outil pour s’extraire de l’ancrage dans la déficience, persiste à catégoriser de manière pérenne les enfants. Y sont comparées aussi des approches aussi différentes, mais éclairantes réciproquement, que celles de la France et de la République tchèque, avec la notion de défectologie.

vendredi 14 décembre 2018

le séparatisme fantasmé pour les handicapés

Le séparatisme fantasmé pour les handicapés


Si un regard historique fait apparaitre que des dispositifs divers ont permis d’éduquer des enfants qui n’avaient pas leur place dans le système éducatif légitime de son temps (les sourds et les aveugles au XVIIIe siècle, les autres handicapés ensuite, mais aussi au long de cette histoire, les pauvres et les filles), il fait apparaitre aussi que ces dispositifs légitimaient une ségrégation éducative, au moins pour certaines de ces populations. Dans ce cadre, des pratiques professionnelles, relationnelles, organisationnelles, de ségrégation, de stigmatisation, de séparatisme étaient mises en place et perçues comme légitimes, comme allant de soi, naturelles, « normales ».

lundi 10 décembre 2018

un projet médico-social imposé

Un projet médico-social imposé


Aujourd’hui, réglementairement et idéologiquement, c’est à l’usager, ou à ses parents s’il est mineur, de déterminer ses besoins, ses attentes et son projet (de vie, de travail, de scolarisation…). Le secteur médico-social a parfois du mal à se défaire des habitudes anciennes de sa toute puissance sur les usagers, et de l’imposition de procédures et de prises en charge définies a priori par l’institution ou par les professionnels de l’institution.

mardi 4 décembre 2018

la sur-stigmatisation de l'accompagnement

La sur-stigmatisation de l'accompagnement


La stigmatisation est une réalité sociale vécue par les personnes en situation de handicap : stigmatisation par les corps différents (locomotion en fauteuil, aspects physiques, utilisation de la langue des signes…) ; stigmatisation par leur orientation en établissement spécialisé et leur différence de statut dans l’établissement scolaire, allant parfois jusqu’à un déni de leurs droits par refus de leur inscription dans l’établissement scolaire (dans la situation d’un dispositif externalisé) ; stigmatisation par l’accompagnement qui leur est prodigué et dont la nature dépend parfois davantage des représentations que s’en font les professionnels (spécialisés ou non) que des véritables besoins de ces élèves.

mercredi 28 novembre 2018

lecture : la funambule, le fil et la toile

Lecture : La funambule, le fil et la toile, Transformations réciproques du sens du handicap
de Patrick FOUGEYROLLAS (PUL, 2010)


C’est un livre que j’avais lu il y a quelques années, et que je viens de relire : cette deuxième lecture a énormément enrichi ma première lecture et fait mieux comprendre le modèle conceptuel du PPH, ou plutôt du MDH-PPH, du Modèle de Développement Humain – Processus de Production du Handicap. Le PPH est un modèle conceptuel qui tente de comprendre et d’expliquer ce qui est vécu par une personne ayant une déficience, des incapacités, une maladie, dans la vie de tous les jours, dans ce qu’elle a à faire, dans ce qu’elle souhaite faire, etc. Le PPH est un volet d’un modèle de développement humain qui place l’être et l’agir humains dans une perspective systémique, comme le « résultat » de l’interaction entre des facteurs personnels et des facteurs environnementaux.

mercredi 21 novembre 2018

pathologie et situation de handicap

Pathologie et situation de handicap


Si tout le monde peut aujourd’hui convenir que situation de handicap et situation pathologique ne sont pas synonymes, la distinction n’est pas toujours évidente dans nos réactions et représentations quotidiennes. Lorsqu’on pense par exemple que le fait de soigner la pathologie est une manière (et parfois la seule) de « soigner » la situation de handicap, on identifie d’une certaine façon (situation de) pathologie) et (situation de) handicap.


vendredi 16 novembre 2018

l'école inclusive n'est pas un plus d'inclusion

L'école inclusive n'est pas un plus d'inclusion

La sortie de la confusion conceptuelle entre l’intégration scolaire et l’inclusion (dans toute l’extension de ce champ conceptuel) se fait progressivement. Les modèles sont bien distingués dans les travaux de recherche et dans les textes réglementaires. Ce n’est pas encore le cas dans les pratiques professionnelles et organisationnelles, où bien souvent le terme inclusion a remplacé le terme intégration pour qualifier des pratiques, des dispositifs, des projets, sans beaucoup de changements dans la nature des réalités concernées.

mardi 13 novembre 2018

des raisons pour ne pas inclure

Des raisons pour ne pas inclure


Au-delà du consensus inclusif, s’appuyant sur la célébration permanente de l’école ou de la société inclusive, et reconnaissons-le, sur un certain nombre de dispositifs réglementaires et organisationnels la favorisant, il y a de nombreuses résistances à cette orientation. Parmi celles-ci, on en trouve de très fortes dans les organismes chargés de l’accompagnement des personnes handicapées et chez les professionnels qui y travaillent.

mercredi 7 novembre 2018

une sanction en raison du handicap

Une sanction en raison du handicap


Un jeune garçon, Thierry, avec un diagnostic de troubles des apprentissages (caractérisés par la dysphasie et de la dyslexie) est orienté vers un Institut d’Education Sensorielle accueillant cette catégorie de population. Le dispositif dans lequel il est accueilli (une classe spécialisée) est externalisé dans un collège, permettant une participation sociale sur les temps non scolaires (récréations et temps de restauration) et une participation scolaire sur quelques rares temps de cours dans les classes de collège. Participation scolaire qui n’a été mise en place non sans quelques résistances d’ailleurs : effectifs non pris en compte dans le décompte de la classe, en trop donc ; exigence de la présence de professionnels spécialisés avant même toute analyse des besoins des jeunes, etc.

mercredi 31 octobre 2018

sourd, implanté, et dysphasique ?

Sourd, implanté, et dysphasique ?


Marie est une enfant sourde de 10 ans. Ses parents ont fait le choix d’une scolarisation auprès de leur domicile, dès la maternelle, puis à l’école élémentaire. Tout au long de sa scolarité, elle a bénéficié d’un accompagnement par un service spécialisé, qui a varié en nature et en quantité au fil des années : séances d’orthophonie, soutien aux apprentissages scolaires, langue française parlée codée sur certains temps de classe. Dès le début de sa scolarisation également, ses parents choisissent de la faire rencontrer d’autres jeunes enfants sourds ; elle y pratique un peu la langue des signes. Au sein de la famille, la communication orale est largement privilégiée, avec des résultats estimés satisfaisants, et les parents ne s’interdisent pas l’utilisation de quelques signes issus de la langue des signes.

vendredi 26 octobre 2018

une procédurisation pléthorique

Une procédurisation pléthorique


On a pris conscience aujourd’hui qu’un excès de procédures, de préconisations et de réglementations (aviation, industrie, administration) pouvait conduire à des contre-performances de production, à des impossibilités de décision voire encore pire à des accidents industriels et humains. Sans atteindre les sommets des milliers de procédures qu’on trouve dans l’industrie, le secteur médico-social s’imprègne progressivement de cette nécessité (autant idéologique que fonctionnelle) pour mettre en place des procédures plus ou moins encadrées et précises pour les moindres des interventions des professionnels du secteur.

vendredi 19 octobre 2018

donner plus à ceux qui ont plus...

Donner plus à ceux qui ont plus...


Des enseignants spécialisés viennent me faire part des besoins d’enseignement spécialisé (c’est-à-dire du travail qu’ils vont fournir) qu’ils ont évalué pour des jeunes sourds au collège. Ces jeunes sourds constituaient deux groupes ; le premier groupe comportait quatre jeunes sourds complètement inclus dans une classe du collège, accompagnés sur toutes les heures de cours par des enseignants spécialisés ou des interfaces en langue des signes ; le second groupe, comprenant cinq élèves ayant davantage de difficultés dans les apprentissages et du retard scolaire par rapport aux élèves de leur âge, bénéficiait d’un enseignement spécialisé en petit groupe pour l’essentiel des cours, sauf en arts plastiques et en éducation physique et sportive, où ils étaient inclus, et accompagnés, dans une classe du collège.

lundi 15 octobre 2018

l'externalisation, sens et essence

L'externalisation, sens et essence


On parle beaucoup d’externalisation(s) dans de nombreux champs (politique, économique, industriel), et maintenant aussi, avec insistance, dans l’école et dans le médico-social. Mais pas toujours avec les mêmes significations. L’externalisation est un processus qui consiste à faire ou réaliser quelque chose (un produit, un service) hors de son propre système. Il est curieux de comparer l’utilisation organisationnelle et professionnelle de ce terme dans ces deux secteurs voisins et collaboratifs dans la scolarisation des élèves en situation de handicap que sont l’école et le secteur médico-social.

mercredi 10 octobre 2018

"on n'est pas une école"

"On n'est pas une école"

« On n’est pas une école » entend-on parfois, et même trop souvent, dans les établissements et services spécialisés du secteur médico-social scolarisant ou accompagnant la scolarisation de jeunes sourds. Et cette assertion, on peut l’entendre tant dans le discours institutionnel que dans les propos de certains des professionnels.

vendredi 5 octobre 2018

"les sourds, c'est pas pareil"

"Les sourds, c'est pas pareil !"


Les sourds font partie des personnes handicapées : c’est une évidence pour le sens commun comme pour les politiques sociales et médico-sociales. Mais il importe de se méfier des évidences. Les personnes sourdes elles-mêmes ne s’identifient pas comme personnes handicapées : « Les sourds, c’est pas pareil ! ». Cette restriction posée par les premières personnes concernées par le problème mérite d’interroger l’évidence de l’appartenance des personnes sourdes à la catégorie des personnes handicapées.

lundi 1 octobre 2018

vers une évolution des INJS-INJA ?

Vers une évolution des INJS-INJA?


Il a été publié, en mai dernier, un rapport intitulé : « Scénarios d’évolution des instituts nationaux des jeunes sourds et des jeunes aveugles », commandé en juillet 2017 et remis donc en mai 2018.

Depuis longtemps, depuis toujours peut-être (les plus anciennes de ces institutions datent de la seconde moitié du XVIIIe siècle) les instituts nationaux, les INJ, au nombre de 5 en France, établissements accueillant des jeunes sourds ou des jeunes aveugles, ont été « à part » dans le paysage de la réponse aux besoins de ces jeunes. Même étant à part, cela ne les a pas empêchés de fournir historiquement des réponses de qualité, souvent innovantes et d’être une référence pour l’ensemble des institutions dans le domaine de la scolarisation et de l’éducation des enfants sourds et aveugles.

vendredi 28 septembre 2018

lecture : Accompagnement et handicap

Handicap et accompagnement. nouvelles attentes, nouvelles pratiques
de STKER, PUIG, HUET, Dunod 2014


La lecture de cet ouvrage, publié en 2009, réédité en 2014, est toujours d’actualité. Si le terme accompagnement s’est substitué progressivement à ceux de prise en charge ou d’aide, il y a « loin de la coupe aux lèvres », et les pratiques sont encore bien ancrées dans des modèles relationnels qui n’ont pas grand-chose à voir avec l’accompagnement.


D’où l’intérêt de la tentative de définition de l’accompagnement à travers l’histoire de son émergence, la nature et l’origine de la demande, la typologie des différents modèles d’accompagnement, la nature éthique et technique de l’accompagnement, et les conditions d’un bon accompagnement.