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Président du Réseau Français sur le Processus de Production du Handicap (RFPPH) Formateur accrédité sur le modèle de développement humain-processus de production du handicap (MDH-PPH), et dans les domaine des droits et des politiques inclusives / administrateur organismes de formation et secteur médico-social / ancien cadre dans le secteur médico-social et formateur
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lundi 24 février 2020

une inclusion dans l'ambiguïté

Une inclusion dans l'ambiguïté



Cette représentation est souvent utilisée pour illuster l’inclusion et le modèle inclusif. Mais elle est peut-être en partie trompeuse. D’un côté, il faut reconnaitre qu’elle illustre de manière adéquate le fait que, dans le modèle inclusif, personne n’est laissé à l’extérieur, que tous les individus sont intégrés ou inclus dans les frontières dessinées de l’ensemble incluant. Ainsi, l’inclusion scolaire consiste bien effectivement à accueillir tous les élèves, quelles que soient leurs caractéristiques, et à refuser de ne pas accueillir l’un d’eux. Cette représentation graphique figure bien par conséquent le modèle inclusif opposé à un modèle d’exclusion qui laisserait à l’extérieur certains des individus.

mercredi 4 décembre 2019

le spécialisé obstacle à l'inclusion

Le spécialisé obstacle à l'inclusion


Les dispositifs spécialisés pour élèves handicapés en milieu ordinaire, soit les Unités localisées pour l’Inclusion Scolaire (ULIS), soit les Unités d’Enseignement externalisées (UEE), sont censées favoriser l’inclusion, à tout le moins constituer une forme inclusive de scolarisation.

Sauf que la présence d’un tel dispositif dans un établissement scolaire justifie, par son existence même, que certains élèves, ceux pour lesquels est censé exister le dispositif spécialisé, soient légitimement exclus des dispositifs ordinaires, pour tous. Pour quelles raisons en effet existerait-il un dispositif spécialisé si ce n’est pour y mettre un certain type d’élèves, ceux qui ne sont pas en mesure d’accéder ou qui n’ont pas droit aux dispositifs de droit commun ?

vendredi 7 juin 2019

instruction ou assistance

Instruction ou assistance


Ces termes d’instruction et d’assistance sont quelque peu désuets au regard de la qualification contemporaine, plus technique peut-être, d’éducation et de médico-social. Pourtant, à l’heure où dans les Instituts nationaux pour les jeunes sourds et les jeunes aveugle l’on s’agit passablement face aux intentions politiques d’évolution (rattachement à l’éducation nationale pour la partie enseignement ou aux Agences régionales de santé pour la partie médico-sociale), je ne peux m’empêcher de citer un texte de Henri-Jacques STIKER qui rappelle les références à cette terminologie, et qui m’évoquent quelques débats actuels.

lundi 25 février 2019

l'enseignement : spécialisé ou différencié ?

L'enseignement : spécialisé ou différencié ?


L’une des justifications de l’enseignement spécialisé (et des établissements spécialisés) fait référence à l’inadaptation de l’école à des profils spécifiques, dont les caractéristiques sont identifiées et réunies par catégories de déficiences. Dans l’hypothèse d’une école radicalement inadaptée (faisant fi des évolutions significatives qu’elle a instaurées), il est considéré comme nécessaire de mettre en place des dispositifs spécialisés qui prennent en compte les caractéristiques individuelles des élèves. Lorsque ces caractéristiques sont les troubles et les déficiences, ce sont en définitive ceux-ci qui sont considérés comme la cause de l’inadaptation de l’école, en ce que celle-ci serait en quelque sorte étrangère à ces situations. On a là un contre argument à l’inclusion : si l’école n’est pas adaptée, c’est en raison de l’inadaptation de certains élèves.

jeudi 30 août 2018

individualisation des parcours, individualisation de l'enseignement

Individualisation des parcours, individualisation de l'enseignement


Tout le monde s’accorde à penser que la perspective d’une école inclusive ne va pas sans une adaptation de l’enseignement, dont les modalités d’exercice sont considérées encore aujourd’hui comme non favorables à la scolarisation d’élèves handicapés. L’une des modalités d’évolution invoquées est l’individualisation, la singularisation, la personnalisation, la différenciation. Au-delà des variations sémantiques, l’idée est celle d’une adaptation aux situations des élèves, qu’ils soient ou non en situation de handicap d’ailleurs.

lundi 2 juillet 2018

lecture : les élèves en situation de handicap

Les élèves en situation de handicap

de Martine CARAGLIO, PUF Que sais-je ? 2017

Les ouvrages de la collection Que sais-je ? ont l’ambition de présenter des synthèses relativement courtes et complètes, et également accessibles à un large public, sur un sujet donné. L’ouvrage de Martine Caraglio répond remarquablement à ces contraintes, tout en donnant à des professionnels familiers du travail avec des élèves en situation de handicap des informations essentielles et actualisées. En un peu plus de 120 pages, l’ouvrage présente une synthèse très complète de la scolarisation des élèves en situation de handicap. C’est une synthèse qui pourrait s’avérer très utile à de nombreux professionnels déjà en activité dans ce secteur, ne serait-ce que par l’actualisation des enjeux, des orientations et des problématiques, autant qu’à des lecteurs s’intéressant à la question.


vendredi 26 janvier 2018

Alicia, ou l'impossible réussite

Alicia, ou l'impossible réussite

Je rencontre les parents d’Alicia, jeune fille sourde de 14 ans, venus me raconter comment se passait la scolarité de leur fille dans le lycée français de la capitale d’un grand pays d’Afrique. Depuis deux, Alicia suivait son parcours de scolarisation en 6ième puis en 5ième dans le collège de cet établissement scolaire. Au regard des bulletins scolaires que les parents me présentent, et des propos qu’ils tiennent sur la scolarité de leur fille, il apparait que la scolarité et les apprentissages se déroulent de manière satisfaisante. Les parents me font part toutefois de leur préoccupation du niveau de leur fille en français, en particulier dans la production écrite (structure de phrases, vocabulaire…). Rien qui ne m’étonne au regard de ce que l’on peut connaitre des difficultés que peuvent rencontrer des élèves sourds. Alicia est accompagnée par un « aidant » (les AESH n’existaient pas dans l’organisation scolaire des lycées à l’étranger) qui intervient dans la répétition orale de ce que disent les professeurs en classe, ainsi que dans quelques explications complémentaires pendant les cours.

mardi 16 janvier 2018

Publication : pour une école vraiment inclusive

Pour une école vraiment inclusive


ASH n° 3040 du 29 décembre 2017

"Douze ans près la loi du 11 février 2005 pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, le concept de l'éducation inclusive s'est bien implanté en France. Mais sur le terrain, les obstacles et les freins demeurent. Ex-enseignant spécialisé auprès de jeunes sourds, ex-cadre du secteur médico-social, Jean-Yves Le Capitaine fait le point et appelle à abattre le "plafond de verre" qui empêche les élèves en situation de handicap de bénéficier de leurs droits et de vivre pleinement l'école."

Le diable, dit-on, se niche dans les détails. Aujourd’hui, l’éducation inclusive semble constituer un axe consensuel majeur. Rares sont les acteurs qui s’insurgent contre le principe de l’école inclusive. On rencontre certes ici ou là des réserves, sur le rythme auquel s’organise l’inclusion (trop rapidement ou pas assez), sur la perte de certains bienfaits de l’éducation spécialisée ou les risques de l’inclusion, etc. Mais rares sont les discours prônant explicitement une éducation séparée et excluante pour les élèves en situation de handicap.

lundi 9 octobre 2017

lecture : Réinventer l'école ?

Réinventer l'école ? Politiques, conceptions et pratiques inclusives
Sous la direction de G Pelgrims et J-M Perez, INSHEA et Champ Social, 2016

Cet ouvrage réunit plusieurs compte-rendu de recherches menées dans des pays francophones (France, Suisse, Québec) sur « l’effectivité » de l’école inclusive, sur les manières dont le mouvement inclusif peut se concrétiser à l’école, dans les obstacles qu’il rencontre comme dans les facilitateurs qui le favorise.


Ces recherches concernent tous les niveaux de la « pratique » : « C’est au niveau des pratiques d’enseignement, des gestes pédagogiques, des rencontres entre élèves différents, des collaborations entre partenaires et des conceptions qui en résultent, au niveau d’un établissement scolaire, d’une classe, d’une situation didactique, qu’apparaissent les obstacles et les facilitateurs de la participation et du devenir. »

lundi 18 septembre 2017

ils n'iront quand même pas au brevet

"Ils n'iront quand même pas au brevet des collèges ! "

Dans une unité d’enseignement externalisée en collège, il y avait plusieurs jeunes présentant des troubles des apprentissages (à l’origine une dysphasie) en fin de scolarité. Ils bénéficiaient d’un enseignement spécialisé pour l’ensemble de leur scolarité. Les enseignements étaient adaptés, globalement sur les modalités offertes à des élèves de SEGPA. En cours d’année, il fut discuté d’une présentation éventuelle de ces élèves au CFG (Certificat de Formation Générale), auquel sont habituellement présentés les élèves de SEGPA. Cette éventualité n’avait encore jamais étévenvisagée dans cette unité d’enseignement. Face à l’argumentation en faveur de ce projet, un des enseignants eut cette répartie : « Vous ne voulez quand même pas qu’on aille les présenter au Brevet des Collèges ! », signifiant par là son sentiment d’incongruité devant la proposition qui était faite d’une présentation au CFG.

jeudi 13 avril 2017

Publication : Cessons de les appeler 'handicaps associés'

Cessons de les appeler "handicaps associés"

une nouvelle publication de Jean-Yves Le Capitaine
Revue EMPAN, n° 105, p.114-119

Résumé : 

Les dispositifs d'éducation et de scolarisation pour "jeunes avec handicaps associés" (ici de jeunes sourds) ont l'avantage de proposer des réponses inexistantes dans le milieu ordinaire. Mais ce faisant, ils assignent dans le même temps ces jeunes à une catégorisation excluante et à des représentations d'incapacité éloignées de la norme. Cela reste un défi pour les professionnels, les parents et les jeunes eux-mêmes de s'extraire de cette assignation


Mots clés :
handicaps associés, sourds, dispositif spécifique, assignation, participation sociale

texte accessible sur la plate-forme CAIRN

vendredi 10 février 2017

Un élève en situation de handicap = 1

1 élève en situation de handicap = 1 ?

Parfois il est égal à 0. Lorsque l’établissement scolaire refuse de l’inscrire, ou fait une inscription inactive, alors même qu’il est présent au collège dans un dispositif spécifique d’une unité d’enseignement d’un établissement médico-social. Aux yeux de l’administration scolaire, et au-delà aux yeux des acteurs scolaires, il est hors jeu, hors liste d’élèves, oublié, comme s’il était en visite dans l’établissement alors qu’il y est présent au quotidien. En principe les derniers textes réglementaires (2016) lèveront cette hypothèque afin que les élèves, y compris ceux qui bénéficient d’un service ou d’un établissement médico-social, puissent prétendre enfin à l’accès à leurs droits à « part entière ».

Mais paradoxalement, parfois le cours de l’élève en situation de handicap peut être plus élevé : là il est égal à 2, voire 3 élèves ordinaires.

vendredi 13 janvier 2017

name and shame

"Name and shame"

« Nommer et couvrir de honte », telle est la traduction de cette expression très prisée dans une certaine presse anglo-saxonne. Il arrive que dans des institutions, dont les institutions médico-sociales, qu’un professionnel, de terrain ou cadre intermédiaire, des postures, pensées, attitudes, représentations, etc., en écart avec « l’habitus » dominant de son institution, non conformes aux habitudes, aux fonctionnements, aux impensés organisationnels et professionnels de l’institution. Les fonctionnements institutionnels ont souvent du mal à faire avec ce genre de professionnels, qui par ailleurs font souvent avancer et évoluer leur institution.

vendredi 16 décembre 2016

y a-t-il plus de différences entre deux sourds...

Y a-t-il plus de différences entre deux sourds qu'entre deux entendants ?

On pourrait le croire, à observer un certain nombre de postures, attitudes, pratiques et organisations professionnelles. L’argument le plus commun pour défendre les petits nombres d’élèves dans les dispositifs de scolarisation spécifiques pour élèves en situation de handicap (ULIS ou unités d’enseignement) fait appel à l’idée des différences individuelles entre les enfants.

lundi 14 novembre 2016

Adversaire et ennemi

Adversaire et ennemi

La différence et la distinction de ressenti entre les notions d’adversaire et d’ennemi sont parfois appréhendées confusément, tant dans la vie personnelle que professionnelle, et font rarement l’objet d’une pratique réflexive. On gagnerait pourtant, dans le secteur médico-social, à élucider cette distinction fondamentale dans les rapports professionnels, tant ceux-ci sont parfois biaisés faute de cette élucidation, afin de mieux se donner des capacités de penser et d’agir dans de bonnes conditions. Un regard philosophique peut contribuer à cette élucidation, avec une petite incursion en philosophie morale et politique.

lundi 24 octobre 2016

A propos de la circulaire du 8/8/2016 : article intégral

A propos de la circulaire du 8/8/2016 sur la scolarisation des élèves en situation de handicap (texte complet)

Cet article réunit les quatre propos déjà publiés séparément ici même

Le Ministère de l’Education nationale a publié récemment (B.O. du 25 août 2016) une circulaire sur la scolarisation des élèves en situation de handicap, intitulée : Parcours de formation des élèves en situation de handicap dans les établissements scolaires (Circulaire n° 2016-117 du 8-8-2016).

Une circulaire de plus ? Certes le nombre de textes réglementaires concernant la scolarisation des élèves en situation de handicap est important depuis une vingtaine d’années, avec des changements significatifs sur le terrain, mais aussi des immobilismes et des résistances fortes. Alors oui, une de plus, mais qu’il importe de « décortiquer » pour voir ce qui est susceptible de changer, pour peu que des textes réglementaires puissent changer des pratiques. Je laisserai à d’autres le soin de développer des herméneutiques de ce texte, je voudrais me contenter de quelques observations pouvant avoir des effets sur les pratiques.

lundi 17 octobre 2016

Circulaire sur la scolarisation (3) des élèves en situation de handicap

A propos (3) de la circulaire sur la scolarisation des élèves en situation de handicap

La troisième observation a trait aux « réponses différenciées pour une école inclusive ». Délibérément, la hiérarchie des réponses se situe du côté de l’Education nationale, avec ses ressources propres. Derrière cette injonction, il y a une règle fondamentale avec une différenciation entre d’une part la notion de situation de handicap (l’école s’adresse à tous les élèves sans aucune distinction), qui requiert des réponses par conséquent de droit commun, et d’autre part la notion de « personne handicapée », et disposant de ce statut selon les règles en vigueur dans les MDPH.

vendredi 14 octobre 2016

Circulaire sur la scolarisation (2) des élèves en situation de handicap

A propos (2) de la circulaire sur la scolarisation des élèves en situation de handicap

Avec quels arguments refusait-on donc cette inscription ?

A été mise en avant l’impossibilité administrative de la « double inscription », sous le prétexte trivial qu’il ne fallait pas les compter deux fois dans les statistiques. Certes ces élèves pouvaient être déjà scolarisés en établissement médico-social, que ce soit aves des personnels enseignants de l’Education nationale ou que ce soit avec des personnels enseignants du Ministère de la Santé. Quelques efforts d’imagination administrative auraient suffi à résoudre le problème. Mais cet argument a permis pendant des années d’éloigner les élèves en situation de handicap d’une véritable place dans les établissements scolaires.

jeudi 6 octobre 2016

Les séparer, pour leur bien

Les séparer, pour leur bien.

De nombreux professionnels de l’éducation et de l’enseignement, ordinaire ou spécialisée, trouvent naturelles et bénéfiques l’orientation et l’affectation d’« élèves handicapés » dans des classes spéciales, dans des instituts spécialisés, qui leur sont dédiés. Par conséquent est considérée comme naturelle et bénéfique l’idée que ces élèves sont « par destination » hors des classes et des établissements destinés à tous les autres élèves. Et bien sûr, cette ségrégation est pensée, légitimée, justifiée, « pour leur bien ». Dans la classe ordinaire, ce ne serait pas pour leur bien, car il est convenu d’avance qu’ils seraient en écart de niveau, qu’ils pourraient ressentir négativement le regard des autres, qu’ils pourraient même être en situation de souffrance, qu’ils apprennent mieux quand ils sont entre eux, en petit nombre, qu’on leur propose des choses adaptées, voire avec des méthodes qui seraient mieux adaptées spécifiquement à ce type de public.

vendredi 30 septembre 2016

Publication : L'enseignement spécialisé doit se "déspécialiser"

L'enseignement spécialisé doit se "déspécialiser"


ASH n° 2974 du 9 septembre 2016, p.32-33

Le droit à la scolarisation des enfants handicapés a fait reculer les frontières de l'enseignement spécialisé. Ce dernier a toutefois encore un rôle important à jouer en mettant son expertise au service des élèves en difficulté que l'école inclusive na sait pas traiter, défend Jean-Yves Le Capitaine, chef de service à l'Institut public la Persagotière à Nantes.

Dans le domaine de la scolarisation des élèves en situation de handicap, l’enseignement spécialisé se situe à l’intersection de la collaboration entre deux systèmes, l’Education nationale et le secteur médico-social, à la frontière de deux mondes qui ont encore du mal à s’apprivoiser et à agir ensemble. Ni fixe, ni pérenne, cette frontière se déplace en fonction des évolutions sociétales, des projets éthiques et politiques, des réglementations…