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Président du Réseau Français sur le Processus de Production du Handicap (RFPPH) Formateur accrédité sur le modèle de développement humain-processus de production du handicap (MDH-PPH), et dans les domaine des droits et des politiques inclusives / administrateur organismes de formation et secteur médico-social / ancien cadre dans le secteur médico-social et formateur
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mardi 27 septembre 2022

l'inclusion est-elle soluble dans la bienveillance ?

L'inclusion est-elle soluble dans la bienveillance ?

 L’inclusion des élèves en situation de handicap est-elle compatible avec le maintien des inégalités scolaires ? Malgré de nombreuses réformes dont l’objectif se présentait explicitement comme une réduction des inégalités scolaires, la situation n’évolue guère et il apparait même que les inégalités (de chances comme de fait) devant la réussite scolaire s’accroissent, que les déterminismes sociaux face au fonctionnement de l’écrit n’ont pas disparu, que les outils d’action des réformes mettent en place des dispositifs qui vont à rebours de l’esprit (ou au moins de la lettre) de ces réformes. Autrement dit , les enfants disposant de ressources ou d’atouts initiaux (financiers, sociaux, cultuels) sont en meilleures conditions de formation qui les mèneront vers des parcours satisfaisants, tandis que ceux qui n’en disposent pas sont destinés le plus souvent à des difficultés d’apprentissages scolaires, à des échecs de scolarité ou des parcours peu satisfaisants. Comment des enfants, les élèves en situation de handicap, dont on déclare aujourd’hui qu’ils doivent être inclus, peuvent-ils s’inscrire dans des processus aussi inégalitaires ?

lundi 20 décembre 2021

lecture : Enfances de classes

Enfances de classe - De l'inégalité parmi les enfants

sous la direction de Bernard LAHIRE ( Seuil, 2019)

Depuis plus d’un demi siècle (depuis les ouvrages de Bourdieu et Passeron, Les héritiers et La reproduction), le rôle de l’école dans la reproduction des classes sociales a maintes fois été mis en évidence. Personne ne peut plus prétendre aujourd’hui que le mérite républicain est en mesure de modifier radicalement le fait que les enfants reproduisent au sein de l’école leur destin d’origine de classe, avec quelques nuances permettant d’invalider un déterminisme absolu. Les effets de cette fonction de l’école se vérifie aussi dans les études politiques et économiques sur le fonctionnement de la société dans les problématiques d’ascension sociale.

mercredi 9 juin 2021

Lecture : Le goût de l'effort, de Sandrine Garcia

 Le goût de l'effort - La construction familiale des dispositions scolaires

de Sandrine GARCIA, PUF, 2018

Parmi les obstacles à la transformation du système scolaire en système inclusif d’éducation, il en est un qui ne fait pas la une des journaux, celui du fonctionnement élitiste de l’école. L’ouvrage de Sandrine Garcia ne parle pas d’inclusion des élèves en situation de handicap, mais de la manière dont des familles de classes moyennes ou moyennes supérieures fonctionnent pour faire réussir (ou moins réussir) leurs enfants. Cela permet, par contraste, de pointer des éléments qui font « échouer » des élèves handicapés, qui ne sont pas en capacité de se conformer à ces bonnes conditions de scolarisation. Sans entrer dans le détail des modalités d’étayage à la scolarisation choisies par ces familles, notons que les dispositions de réussite qualifiées de « naturelles » ou spontanées sont en réalité l’objet d’un réel travail parental, qui permet dans certaines conditions, de garantir la réussite scolaire, et dans d’autres conditions de faire rencontrer des difficultés scolaires à leur enfant, celles-ci facilement traduites en troubles des apprentissages. « On sous-estime largement, dit l’auteur, le travail parental réalisé dans les classes moyennes et supérieures dans l’accompagnement éducatif de leurs enfants et que celui-ci comporte une part de travail scolaire (et pas seulement « culturelle ») qui est déterminante dans leur réussite à l’école. » (p.14).

lundi 26 février 2018

lecture : "ni fou ni gogol"

"Ni fou ni gogol". Orientation et vie en ITEP  
de Hugo DUPONT, (PUG, 2016)

Extrait de la présentation : « Ni fou, ni gogol ! » : c’est ainsi que se qualifient les enfants et adolescents accueillis en institut thérapeutique, éducatif et pédagogique (ITEP). Ces jeunes présentent un comportement perçu comme déviant par les professionnels des secteurs scolaire, social et médico-social, et sont réputés non scolarisables dans le milieu ordinaire… L’auteur tente de comprendre comment la mise à l’écart de ces jeunes est légitimée et présente le travail de normalisation effectué par les ITEP : soulagement de la souffrance psychique tenue pour responsable des troubles du comportement d’une part, rééducation d’autre part. »

jeudi 6 octobre 2016

Les séparer, pour leur bien

Les séparer, pour leur bien.

De nombreux professionnels de l’éducation et de l’enseignement, ordinaire ou spécialisée, trouvent naturelles et bénéfiques l’orientation et l’affectation d’« élèves handicapés » dans des classes spéciales, dans des instituts spécialisés, qui leur sont dédiés. Par conséquent est considérée comme naturelle et bénéfique l’idée que ces élèves sont « par destination » hors des classes et des établissements destinés à tous les autres élèves. Et bien sûr, cette ségrégation est pensée, légitimée, justifiée, « pour leur bien ». Dans la classe ordinaire, ce ne serait pas pour leur bien, car il est convenu d’avance qu’ils seraient en écart de niveau, qu’ils pourraient ressentir négativement le regard des autres, qu’ils pourraient même être en situation de souffrance, qu’ils apprennent mieux quand ils sont entre eux, en petit nombre, qu’on leur propose des choses adaptées, voire avec des méthodes qui seraient mieux adaptées spécifiquement à ce type de public.