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Formateur certifié sur le Processus de Production du Handicap (PPH) au sein du Réseau International du PPH
Conférencier : école inclusive, scolarisation des élèves sourds et handicapés, approches conceptuelles du handicap
Administrateur d'une association régionale de formation en travail social
Carrière professionnelle :
J'ai d'abord exercé comme enseignant spécialisé auprès de jeunes sourds. J'ai ensuite exercé différentes missions d'encadrement dans des établissements et services du secteur médico-social. Parallèlement, j'ai été formateur dans différents organismes. J'ai publié de nombreux articles dans des revues professionnelles, et un ouvrage aux éditions l'Harmattan en 2004.
Je suis en retraite depuis l'été 2016.

vendredi 1 février 2019

la photo de classe

La photo de classe


La photo de classe est un moment important dans le processus d’identité/identification d’un écolier ou d’un collégien. Aussi est-il curieux et intéressant de voir comment les choses se passent lors de la « cérémonie » de la photo de classe lorsqu’il y a une Unité localisée pour l’inclusion scolaire (ULIS) dans un collège. Les élèves affectés à ce dispositif ULIS auront-ils une photo collective de leur « classe/ULIS » ? Ou bien au contraire poseront-ils avec les autres élèves, chacun dans sa classe de référence ? La question n’est pas anodine au regard de la problématique de l’inclusion scolaire et du positionnement de l’établissement scolaire sur la scolarisation des élèves en situation de handicap.

C’est cette situation que présente et analyse Louis Laidi dans un article de la Nouvelle revue de l’éducation et de la société inclusives (N° 83-84, novembre 2018) : Le dispositif ULIS en photo. Elle relate précisément ces deux situations, rencontrée dans deux collèges différents, chacun avec une ULIS.

La première situation, celle de la photo de classe des élèves de l’ULIS, correspond à la notion et aux pratiques d’une ULIS/Classe, ce dispositif classe manifestant un certain symbole de l’inclusion et de la reconnaissance des ces élèves par l’établissement scolaires. C’est de cette manière, dans un groupe classe, que les élèves sont censés trouver un certain sens à leur place au collège. Et, remarque l’auteure, les réactions de ces élèves face à la photo de leur classe sont similaires à celles des autres élèves du collège face à la photo de leur classe.

La deuxième situation, celle de la photographie de chacun des élèves de l’ULIS dans leur classe d’appartenance du collège, est plus conforme aux orientations officielles, sur la notion d’école inclusive comme sur la définition des fonctions d’une ULIS. Les élèves de l’ULIS sont des élèves qui participent en principe aux parcours de scolarisation des élèves du collège, dans une classe d’appartenance, leur regroupement en ULIS répondant à des besoins éducatifs particuliers, l’ULIS devenant dispositif ressource, et n’étant plus « classe ».

Mais ce qu’observe l’auteure, c’est que, lorsque ces élèves rejoignent leur classe d’appartenance pour la photo, il ne se passe rien. Ils sont accueillis dans l’indifférence générale des autres élèves et des enseignants, ils n’établissement aucune relation, ils sont « transparents ». L’inclusion est ici visiblement en trompe-l’œil : il peut arriver à ces élèves d’être plus ou moins fréquemment en classe dans leur classe d’appartenance, mais manifestement, leur présence est indifférente, c’est comme s’ils n’étaient pas là (cette réaction étant commune aux élèves et aux enseignants du collège).

Paradoxalement donc, la philosophie de l’inclusion serait davantage respectée par un dispositif ségrégatif : la classe/ULIS stigmatise d’une certaine manière la classe, mais les élèves s’y retrouvent bien par ailleurs en termes de sociabilité collégienne. Et inversement, la participation des élèves de l’ILIS aux diverses classes d’appartenance les mettrait dans une insociabilité collégienne, faute de l’établissement d’un minimum de relations avec les élèves et les enseignants du collège.

Ceci ne nous dit pas que le dispositif classe/ULIS est meilleur que le dispositif inclusif dans les classes du collège. Mais seulement que les pratiques et la philosophie inclusive est loin d’être assimilée par les acteurs, élèves et enseignants. Ce ne sont donc pas les textes qui manquent (au contraire, ils sont très nombreux), c’est l’implémentation sur le terrain de la philosophie et des pratiques inclusives qui fait défaut, et qui mériterait des efforts de formation, et aussi des moyens.

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