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Président du Réseau Français sur le Processus de Production du Handicap (RFPPH) Formateur accrédité sur le modèle de développement humain-processus de production du handicap (MDH-PPH), et dans les domaine des droits et des politiques inclusives / administrateur organismes de formation et secteur médico-social / ancien cadre dans le secteur médico-social et formateur

mardi 3 janvier 2017

Les effets pervers d'un regard institutionnel

Les effets pervers d'un regard institutionnel

Les institutions du secteur médico-social se laissent souvent aller à avoir un regard (et un discours) à la fois totalitaire et dévalorisant envers les « usagers ». Lors d’une réunion, peut-être de synthèse, en tout cas en présence d’experts, il s’agissait d’examiner la situation d’Ornella, dont l’attitude et le comportement interrogeaient beaucoup, voire mettaient à mal, les professionnels des équipes. Après avoir évoqué plusieurs questions ayant trait à son comportement en classe, au collège, à l’internat, en famille (pour ce qu’on en connaissait), on en est arrivé à sa corpulence physique. Une professionnelle prit la parole : « Là maintenant, ça se dégrade, elle mange n’importe comment, elle est devenue quasiment obèse, et puis il faut voir comment elle se tient, elle est la plupart du temps avachie à sa table ou dans la salle de loisirs ! » Cette professionnelle se trouvait face à moi, de l’autre côté de la table. A côté d’elle, une de ses collègues, très corpulente, « avachie », peu soucieuse de son apparence physique. Les propos tenus sur Ornella auraient pu la qualifier ! J’ai vu cette professionnelle se crisper, blêmir, puis laisser passer.

vendredi 16 décembre 2016

Deux notes d'information de la DEPP

Deux notes d'information de la DEPP sur la scolarisation des élèves en situation de handicap

La DEPP (Direction de l’Evaluation, de la Prospective et de la Performance) du Ministère de l’Education nationale a publié dans de dernier trimestre de 2016 deux notes d’information qui donnent des chiffres tout à fait intéressants sur les évolutions et les caractéristiques de la scolarisation des élèves en situation de handicap :
"Pour la première fois, un regard sur les parcours à l'école primaire des élèves en situation de handicap" accéder à la note
"Depuis la loi de 2005 la scolarisation des enfants en situation de handicap a fortement augmenté." accéder à la note 


y a-t-il plus de différences entre deux sourds...

Y a-t-il plus de différences entre deux sourds qu'entre deux entendants ?

On pourrait le croire, à observer un certain nombre de postures, attitudes, pratiques et organisations professionnelles. L’argument le plus commun pour défendre les petits nombres d’élèves dans les dispositifs de scolarisation spécifiques pour élèves en situation de handicap (ULIS ou unités d’enseignement) fait appel à l’idée des différences individuelles entre les enfants.

mardi 13 décembre 2016

lectures : Eloge de la faiblesse

Eloge de la faiblesse (Cerf, 1999) et Le métier d'homme (Seuil, 2002) d'Alexandre Jollien

Il existe aujourd'hui de nombreuses publications, ouvrages ou articles, sur la gestion, l'organisation et le management des établissements et services qui accueillent ou accompagnent les personnes en situation de handicap. Plus rares sont les publications qui tentent des approches anthropologiques (sociologiques, psychologiques, ...) des situations vécues par les personnes ayant des déficiences ou des troubles, et qui tentent de rendre compte des points de vue et des réalités que vivent ces personnes, et dont ne parlent pas, le plus souvent les ouvrages de la première catégorie. Plus rares encore sont les véritables "témoignages" des personnes vivant différentes situations de handicap.
Parmi ceux-ci, il y a Alexandre JOLLIEN, dont je recommande ici deux des  premiers ouvrages, pas très récents, mais toujours d’actualité.

vendredi 9 décembre 2016

"Six menthes à l'eau, et ...."

"Six menthes à l'eau, et ... "

J’étais tombé, il y a déjà de nombreuses années, sur un article dont le titre m’avait intrigué par son caractère inhabituel dans une revue professionnelle : « La culture des incapables, ou six menthes à l’eau ». Je ne résiste pas au plaisir de reproduire ici « l’historiette » que raconte l’auteur (J-F. Gomez, conférence au Colloque Européen sur l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées mentales, 1998) : « C’était au cours d’un évènement festif, dans un village de Provence très fréquenté, au mois d’août. J’étais donc en vacances oubliant comme tout un chacun mes soucis de l’année, sirotant un demi de bière avec quelques amis, décontracté. Soudain, je vois un groupe de six handicapés mentaux s’installer sur la terrasse avec leurs accompagnateurs. Les personnes handicapées, des adultes de quarante à quarante cinq ans, hommes et femmes, les accompagnateurs un peu plus jeunes. Au début, je ne fais guère attention à cette présence, qui pour moi, est très quotidienne, et somme toute banale. Je remarque pourtant une sorte de bruissement près du bar… Le garçon vient chercher les consommations. Les adultes handicapés qui n’avaient pas un sou sur eux sont gratifiés collectivement de six menthes à l’eau, pendant que les accompagnateurs choisissent leur boisson préférée, y consacrant le temps nécessaire ».

lundi 5 décembre 2016

D'un petit raté à du harcèlement

D'un petit raté à du harcèlement

Appelons-le Monsieur X. Mr X est moniteur éducateur, âgé d’une cinquantaine d’années. Il a exercé, depuis ses 18 ans, dans le même établissement, à l’internat de l’institution. A l’heure des faits qui suivent, il partage son temps entre, d’une part, ses missions auprès des jeunes (à l’internat toujours, ainsi que des fonctions d’accompagnement à l’orientation des jeunes de 14 à 16 ans), et d’autre part des délégations syndicales et de représentation du personnel. Pendant ces années, il n’a jamais fait voir de ses projets que celui, à échéance encore lointaine, de son départ en retraite.

vendredi 25 novembre 2016

"T'en n'a pas marre, toi, des sourds ?"

T'en n'a pas marre, toi, des sourds ?


Cette question m’a été posée plusieurs fois, et ceci depuis au moins une quinzaine d’années, en référence sans doute à ma longue expérience professionnelle dans le champ des établissements et services pour jeunes sourds. Elle fait pendant à une autre remarque, fréquemment entendue elle aussi : « Les sourds ! Pffff ! », assortie d’un geste significatif d’un ras-le-bol. Evidemment ces question et remarque ne viennent pas des professionnels de terrain, chez lesquels on trouve le plus souvent des convictions et déterminations de longue durée.

vendredi 18 novembre 2016

A propos de l'instruction sur le cahier des charges des unités d'enseignement

A propos de l'instruction sur le cahier des charges des unités d'enseignement

Le ministère des affaires sociales et de la santé a publié le 23 juin 2016 une instruction relative au cahier des charges des unités d’enseignement externalisées des établissements et services sociaux et médico-sociaux (n°DGCS/3B/2016/207).

Déjà le titre devrait nous interroger : les unités d’enseignement sont qualifiées d’externalisées. Mais externalisées par rapport à quoi ? A l’école, comme devrait logiquement le faire penser la politique d’école inclusive ? Ou aux établissements médico-sociaux qui les « organisent » aujourd’hui ?

lundi 14 novembre 2016

Adversaire et ennemi

Adversaire et ennemi

La différence et la distinction de ressenti entre les notions d’adversaire et d’ennemi sont parfois appréhendées confusément, tant dans la vie personnelle que professionnelle, et font rarement l’objet d’une pratique réflexive. On gagnerait pourtant, dans le secteur médico-social, à élucider cette distinction fondamentale dans les rapports professionnels, tant ceux-ci sont parfois biaisés faute de cette élucidation, afin de mieux se donner des capacités de penser et d’agir dans de bonnes conditions. Un regard philosophique peut contribuer à cette élucidation, avec une petite incursion en philosophie morale et politique.

mercredi 9 novembre 2016

Un plaidoyer pour la ségrégation

Un plaidoyer pour la ségrégation

Depuis quelques semaines, il y a une certaine effervescence dans les Instituts Nationaux de Jeunes Sourds ou de Jeunes Aveugles (INJS ou INJA). La raison en est que ces établissements, qui ont à l’heure actuelle un statut très particulier, soient soumis aux mêmes règles que les autres établissements médico-sociaux, y compris ceux qui accueillent les jeunes sourds ou jeunes aveugles. Ceux-ci sont sous la gouvernance des ARS (Agences Régionales de Santé), alors que les INJS et INJA, s’ils sont bien financés à environ 60 % sous responsabilité des ARS, sont hors de leur responsabilité, le reste de leur budget (celui de l’enseignement) provenant d’un financement d’Etat (qui n’est pas celui de l’Education nationale). Et il semblerait qu’aujourd’hui, les pouvoirs publics veuillent mettre les INJS et INJA au régime commun.

vendredi 4 novembre 2016

Evènement : autour du livre d'André Meynard

Matinée Librairie
              Autour du livre d'André Meynard
Des mains pour parler, des yeux pour entendre

Samedi 21 janvier 2017
9h30 - 12h00
Institut Protestant de  Théologie,
83 Boulevard Arago, 
75014 Paris
En présence de l'auteur 

 lire la suite : télécharger l'affiche

jeudi 3 novembre 2016

Performant, bienveillant, et inhumain

Performant, bienveillant, et inhumain

Il faut aller voir « Moi, Daniel Blake » le dernier film de Ken Loach (sortie le 26 octobre 2016). Il faut aller le voir parce qu’il présente ce à quoi peut aboutir une société (mais c’est aussi la nôtre) qui vise à la rationalisation, l’optimisation, l’efficience, la performance, etc., de ses services sociaux et publics, tout ceci sous le masque de la promotion de l’individu et de sa responsabilisation. Le cinéaste y décrit comment notre société contemporaine considère, reconnait, les oubliés, ceux qui pour différentes raisons (dans le film, c’est l’impossibilité de travailler pour une raison médicale) sont exclus de la marche en avant de la société (mais qui donne cet ordre de marche ?), les « losers » d’une société qui s’affiche naturellement « winner ».

lundi 31 octobre 2016

lecture conseillée : introduction à la culture sourde

Introduction à la culture sourde
Thomas K. HOLCOMB, érès, 2016, Trad : M. Golaszewski.
Voici la présentation qu’en fait l’éditeur :
Résumé
Cet ouvrage unique en son genre propose un panorama complet de la façon dont les Sourds – dont l’auteur professeur de culture sourde à l’université fait partie – se perçoivent et sont perçus, dans une perspective culturelle.
Présentation
Dans une approche très pédagogique, Thomas Holcomb présente la culture sourde qui est la sienne, d’une manière personnelle et vivante. Il expose les traits caractéristiques d’une culture qui sert de ciment à une population fière de ses valeurs et de son identité. Être Sourd est ici envisagé en termes positifs, loin des stéréotypes et des représentations sociales ou individuelles déficitaires. 
Conçu comme un manuel universitaire, l’ouvrage s’appuie sur des observations et des anecdotes qui rendent la lecture vivante et attrayante pour les Sourds et passionnante pour les entendants amenés à découvrir cette culture avec sa langue, ses règles et ses codes en vigueur dans les interactions sociales, ses traditions, ses normes collectives, la littérature et l’art sourds…

lundi 24 octobre 2016

A propos de la circulaire du 8/8/2016 : article intégral

A propos de la circulaire du 8/8/2016 sur la scolarisation des élèves en situation de handicap (texte complet)

Cet article réunit les quatre propos déjà publiés séparément ici même

Le Ministère de l’Education nationale a publié récemment (B.O. du 25 août 2016) une circulaire sur la scolarisation des élèves en situation de handicap, intitulée : Parcours de formation des élèves en situation de handicap dans les établissements scolaires (Circulaire n° 2016-117 du 8-8-2016).

Une circulaire de plus ? Certes le nombre de textes réglementaires concernant la scolarisation des élèves en situation de handicap est important depuis une vingtaine d’années, avec des changements significatifs sur le terrain, mais aussi des immobilismes et des résistances fortes. Alors oui, une de plus, mais qu’il importe de « décortiquer » pour voir ce qui est susceptible de changer, pour peu que des textes réglementaires puissent changer des pratiques. Je laisserai à d’autres le soin de développer des herméneutiques de ce texte, je voudrais me contenter de quelques observations pouvant avoir des effets sur les pratiques.

mardi 18 octobre 2016

Circulaire sur la scolarisation (4) des élèves en situation de handicap

A propos (4) de la circulaire sur la scolarisation des élèves en situation de handicap

La quatrième observation concerne les rapports entre le Projet Personnalisé de Scolarisation (PPS) et le Projet Individualisé d’Accompagnement (PIA) ou Projet Personnalisé d’Accompagnement (PPA). Longtemps, il a été question de la prééminence de l’un ou de l’autre de ces projets. Dans les différents discours sur le rapport entre ces deux projets, tantôt l’un était dans l’autre, tantôt l’autre était dans l’un. Du côté du secteur médico-social en particulier, les professionnels et les responsables voyaient souvent d’un mauvais œil les interprétations donnant la priorité ou la prééminence au PPS, avec différentes argumentations : l’enfant ne se réduit pas à l’élève, il faut d’abord « soigner » avant de pouvoir apprendre, l’éducation globale prime sur les apprentissages scolaires, etc.

lundi 17 octobre 2016

Circulaire sur la scolarisation (3) des élèves en situation de handicap

A propos (3) de la circulaire sur la scolarisation des élèves en situation de handicap

La troisième observation a trait aux « réponses différenciées pour une école inclusive ». Délibérément, la hiérarchie des réponses se situe du côté de l’Education nationale, avec ses ressources propres. Derrière cette injonction, il y a une règle fondamentale avec une différenciation entre d’une part la notion de situation de handicap (l’école s’adresse à tous les élèves sans aucune distinction), qui requiert des réponses par conséquent de droit commun, et d’autre part la notion de « personne handicapée », et disposant de ce statut selon les règles en vigueur dans les MDPH.

vendredi 14 octobre 2016

Circulaire sur la scolarisation (2) des élèves en situation de handicap

A propos (2) de la circulaire sur la scolarisation des élèves en situation de handicap

Avec quels arguments refusait-on donc cette inscription ?

A été mise en avant l’impossibilité administrative de la « double inscription », sous le prétexte trivial qu’il ne fallait pas les compter deux fois dans les statistiques. Certes ces élèves pouvaient être déjà scolarisés en établissement médico-social, que ce soit aves des personnels enseignants de l’Education nationale ou que ce soit avec des personnels enseignants du Ministère de la Santé. Quelques efforts d’imagination administrative auraient suffi à résoudre le problème. Mais cet argument a permis pendant des années d’éloigner les élèves en situation de handicap d’une véritable place dans les établissements scolaires.

mercredi 12 octobre 2016

Circulaire sur la scolarisation (1) des élèves en situation de handicap

A propos (1) de la circulaire sur la scolarisation des élèves en situation de handicap

Le Ministère de l’Education nationale a publié récemment (B.O. du 25 août 2016) une circulaire sur la scolarisation des élèves en situation de handicap, intitulée : Parcours de formation des élèves en situation de handicap dans les établissements scolaires (Circulaire n° 2016-117 du 8-8-2016.

Une circulaire de plus ? Certes le nombre de textes réglementaires concernant la scolarisation des élèves en situation de handicap est important depuis une vingtaine d’années, avec des changements significatifs sur le terrain, mais aussi des immobilismes et des résistances fortes. Alors oui, une de plus, mais qu’il importe de « décortiquer » pour voir ce qui est susceptible de changer, pour peu que des textes réglementaires puissent changer des pratiques. Je laisserai à d’autres le soin de développer des herméneutiques de ce texte, je voudrais me contenter de quelques observations pouvant avoir des effets sur les pratiques.

jeudi 6 octobre 2016

Les séparer, pour leur bien

Les séparer, pour leur bien.

De nombreux professionnels de l’éducation et de l’enseignement, ordinaire ou spécialisée, trouvent naturelles et bénéfiques l’orientation et l’affectation d’« élèves handicapés » dans des classes spéciales, dans des instituts spécialisés, qui leur sont dédiés. Par conséquent est considérée comme naturelle et bénéfique l’idée que ces élèves sont « par destination » hors des classes et des établissements destinés à tous les autres élèves. Et bien sûr, cette ségrégation est pensée, légitimée, justifiée, « pour leur bien ». Dans la classe ordinaire, ce ne serait pas pour leur bien, car il est convenu d’avance qu’ils seraient en écart de niveau, qu’ils pourraient ressentir négativement le regard des autres, qu’ils pourraient même être en situation de souffrance, qu’ils apprennent mieux quand ils sont entre eux, en petit nombre, qu’on leur propose des choses adaptées, voire avec des méthodes qui seraient mieux adaptées spécifiquement à ce type de public.

vendredi 30 septembre 2016

Publication : L'enseignement spécialisé doit se "déspécialiser"

L'enseignement spécialisé doit se "déspécialiser"


ASH n° 2974 du 9 septembre 2016, p.32-33

Le droit à la scolarisation des enfants handicapés a fait reculer les frontières de l'enseignement spécialisé. Ce dernier a toutefois encore un rôle important à jouer en mettant son expertise au service des élèves en difficulté que l'école inclusive na sait pas traiter, défend Jean-Yves Le Capitaine, chef de service à l'Institut public la Persagotière à Nantes.

Dans le domaine de la scolarisation des élèves en situation de handicap, l’enseignement spécialisé se situe à l’intersection de la collaboration entre deux systèmes, l’Education nationale et le secteur médico-social, à la frontière de deux mondes qui ont encore du mal à s’apprivoiser et à agir ensemble. Ni fixe, ni pérenne, cette frontière se déplace en fonction des évolutions sociétales, des projets éthiques et politiques, des réglementations…

mardi 27 septembre 2016

Lecture conseillée : chronique d'une assistante sociale...

Chroniques d’une assistante sociale en milieu médico-social, 

Christine MAUREY, L’Harmattan, 2016.


Christine Maurey, assistante de service social dans un établissement médico-social pour enfants ayant une déficience sensorielle et autres troubles a écrit ces chroniques, issues du quotidien de sa vie professionnelle. Des situations d’enfants qui mettent en jeu des politiques d’accompagnement, des choix institutionnels, des pratiques professionnelles, des relations avec les parents, et la complexité des parcours.

Je laisserai les futurs lecteurs découvrir ces situations d’enfants à partir de toute la sensibilité, mais aussi la lucidité et la révolte parfois de l’auteure.

J’ai aussi beaucoup apprécié un autre aspect, celui de son observation critique de certains travers et habitudes professionnels, et je ne résiste pas à citer une anecdote qu’elle raconte à propos d’une réunion entre professionnels, et qui rappellera à beaucoup de professionnels du secteur leur propre expérience :

lundi 26 septembre 2016

"On ne peut pas se spécialiser en tout..."

"On ne peut pas se spécialiser en tout ..."

C’est cette réflexion qui vient souvent ponctuer, en désespoir de cause, les propos des enseignants qui veulent bien inclure, mais qui se sentent impuissants devant le mur qui se dresse devant eux et qui les empêchent de mettre en acte leur bonne volonté : la spécialisation. « Cette année je vais avoir un sourd, il va falloir que je me mette à la langue des signes, l’an prochain ce sera un aveugle et ce sera le braille, et après encore un enfant handicapé moteur et un qui a des troubles de langage. On n’en finit pas. C’est pas sérieux l’inclusion, on ne peut pas être spécialistes en tout ! »

lundi 12 septembre 2016

"Ils ont besoin de manipuler"

"Ils ont besoin de manipuler ..."

L’un des arguments les plus utilisés pour légitimer dans la pratique l’enseignement spécialisé auprès des élèves en situation de handicap, tous handicaps confondus, est cette assertion : « Pour faire des apprentissages, les élèves handicapés ont besoin de procéder avec  des manipulations. » L’implicite de cette assertion est double : d’une part que ces élèves n’ont pas les capacités de procéder directement par « abstraction », comme le feraient les enfants ordinaires, non handicapés ; d’autre part que cette particularité justifie d’une certaine manière leur mise à part, dans l’objectif quand même d’une certaine réussite, avec des experts spécialisés.

vendredi 2 septembre 2016

"La question handicapée a été inventée..."

La question handicapée a été inventée ..."


Il s’agit là d’un paraphrase d’un propos de Vladimir Jankélévitch concernant la question juive : la question juive, avance t-il, a été inventée par les antisémites qui ont fini par le faire croire aux juifs eux-mêmes.

L’antisémitisme se distingue d’après lui d’autres discriminations, rejets et haines de l’autre, en ce que l’objet de la discrimination ne se voit pas, est « presque semblable », contrairement à d’autres formes de discrimination, le racisme ou l’handicapisme par exemple,, qui s’appuient sur ce qui apparait d’emblée dissemblable en ce que la différence est visible. C’est entre autres, pour cette raison,

mercredi 6 juillet 2016

Projet des parents ou projet des professionnels

Projet des parents ou projet des professionnels ?

Posée ainsi, la question apparait comme inopportune, en particulier depuis la loi du 2 janvier 2002, qui indique explicitement que les usagers, les parents, doivent déterminer eux-mêmes leur projet, et que les services sont là pour les accompagner dans leur projet. Et pourtant, quatorze ans après la loi de 2002, on trouve encore très ancrée cette idée qu’il s’agit de faire adhérer les parents au projet (éducatif, pédagogique, thérapeutique) des professionnels ; et que les « bons » parents sont ceux qui adhèrent aux projets des professionnels, qui se situent alors explicitement comme experts sachant, reléguant les parents à une place de « ne sachant pas ».

Dans une réunion, au sujet de Julie, 9 ans, en présence des parents, entre les professionnels de l’école et les professionnels d’un service médico-social,