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Président du Réseau Français sur le Processus de Production du Handicap (RFPPH) Formateur accrédité sur le modèle de développement humain-processus de production du handicap (MDH-PPH), et dans les domaine des droits et des politiques inclusives / administrateur organismes de formation et secteur médico-social / ancien cadre dans le secteur médico-social et formateur

vendredi 2 octobre 2026

participation et participation sociale

Participation et participation sociale

Qu’est-ce que la participation ? Il en existe de nombreuses définitions. Il s’agit d’une notion, et d’une pratique, qui sont aujourd’hui centrales dans les politiques publiques concernant les personnes handicapées. Elles n’ont été d’actualité que relativement récemment, en particulier depuis la loi de 2005. Elles font rupture avec une tradition de relation asymétrique entre professionnels et « prises en charge », les premiers sachant et décidant, les seconds subissant et obéissant. Tradition basée sur l’institution d’une hiérarchie humaine positionnant les « valides » au-dessus des « invalides », qu’on retrouve toujours toutefois dans les analyses que fait ce que l’on nomme aujourd’hui le validisme. L’émergence de la notion de participation a été par conséquent une importante innovation, dont la banalité aujourd’hui masque parfois une certaine confusion de sens. Pour les personnes handicapées, la participation a été pensée initialement dans le cadre de leurs lieux de vie ou de « prise en charge », dans les organisations et les structures à eux dédiées, à travers d’instruments d’exercice de participation : conseil de la vie sociale, groupes d’expression, enquêtes de satisfaction… La participation n’était conçue que dans le cadre d’une vie institutionnelle, pas en tant que participation citoyenne ou sociale.

Dans les mêmes temps, la notion de participation a été conceptualisée plus formellement en tant que participation sociale dans le cadre de l’approche des situations de participation sociale, élaborée dans ce qui deviendra la classification du MDH-PPH (Modèle de Développement Humain – Processus de Production du Handicap, RIPPH, 1998, 2018). Une situation de participation sociale, qui est à « l’inverse » d’une situation de handicap, y est définie comme « la pleine réalisation d’une ou plusieurs habitudes de vie, résultant de l’interaction entre les facteurs personnels et les facteurs environnementaux » [la situation de handicap y est, elle, définie comme « la réduction de la réalisation d’une ou plusieurs habitudes de vie, résultant de l’interaction entre les facteurs personnels et les facteurs environnementaux]. On n’est donc pas ici sur le  même registre : la participation sociale équivaut dans ce modèle à la possibilité de « faire » ce que fait tout humain, dans toutes les habitudes de vie qu’il a, qu’il s’agisse d’activités courantes comme se nourrir, prendre soin de soi ou se déplacer, ou qu’il s’agisse de rôles sociaux comme avoir des relations interpersonnelles ou avoir un emploi. Il s’agit en quelque sorte d’exercer ses droits à vivre comme tout le monde dans la société, c’est-à-dire exercer sa participation sociale et citoyenne.

Il y a bien ici deux conceptions, assez éloignées l’une de l’autre, de la participation, avec d’un côté des préconisations ou même injonctions à mettre en place des outils de cette participation et aux usagers de les investir individuellement, et d’un autre côté la reconnaissance d’un certain pouvoir d’être et d’agir dans la vie partagée de tout un chacun en pouvant réaliser ses habitudes de vie.

Les modalités institutionnelles de la participation ont pu, à l’occasion de l’exercice de formes limitées de participation, être des opportunités d’exercice de pouvoir d’agir. Elles ont pu préparer la participation sociale et citoyenne, et en particulier dans les apprentissages qui y ont été effectués. Les personnes engagées ont pu, pour peu que les outils aient été utilisés de manière pertinente, faire valoir leurs expertises et compétences, et donc leur reconnaitre des capacités à agir, tant au niveau des propres représentations des personnes concernées que de celles des professionnels accompagnants.  Et à condition de ne pas amputer la participation et le pouvoir d’agir aux dimensions de compétences, d’expertises, de pouvoir, de dominations, de conflictualités, etc… Sans la prise en compte de ces dimensions, la participation devient un devoir, non un pouvoir d’agir. L’émergence des intervenants pairs est peut-être significative de ce que la participation n’est pas une finalité en elle-même, mais un moyen pour le développement du pouvoir d’agir.

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