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Président du Réseau Français sur le Processus de Production du Handicap (RFPPH) Formateur accrédité sur le modèle de développement humain-processus de production du handicap (MDH-PPH), et dans les domaine des droits et des politiques inclusives / administrateur organismes de formation et secteur médico-social / ancien cadre dans le secteur médico-social et formateur

vendredi 9 octobre 2026

transformation de l'offre et autodétermination

Transformation de l'offre et autodétermination

Les priorités des politiques publiques évoluent : on voit aujourd’hui une certaine insistance à agir dans la transformation de l’offre des établissements et services médico-sociaux. Les précédentes priorités ayant échoué, au moins partiellement, à mettre en place des dispositifs dignes et pertinents pour les personnes handicapées, en conformité avec les textes internationaux. La transformation de l’offre de service apparait aujourd’hui, aux yeux des orientations politiques, comme quasiment LE moyen d’y parvenir, et devient une injonction pressante. Les professionnels se voient ainsi imposer, sans que personne ne se préoccupe du sens qu’ils peuvent donner à ces changements de priorités, des formations, des dispositifs et des organisations inédits.

Les injonctions se suivent, les premières absorbées par les dernières, sans que l’on sache si et comment elles s’y articulent. Les projets personnalisés, la qualité, le dossier unique de l’usager, divers dispositifs organisationnels, l’autodétermination, sans oublier SERAFIN-PH, etc.. ont ainsi émaillé l’histoire récente du secteur, avant de se voir imposer aujourd’hui la transformation de l’offre de service. Celle-ci est certes nécessaire, au regard des écarts par exemple entre les droits affirmés dans les textes et la vie quotidienne et sociale des personnes concernées. Le problème vient peut-être de ce que de telles priorités sont instituées, venant d’un « ailleurs » institué, déclenchant au niveau des dirigeants des mobilisations éphémères et successives, engageant des priorisations d’action de formation dans le domaine de l’injonction donnée, que les professionnels de terrain tenteront tant bien que mal d’assimiler et de mettre en œuvre.

Jusque très récemment, l’autodétermination a été une de ces priorités, dont l’engouement s’est manifesté par nombre de formations, la création de nombre d’organismes de formation. Les demandes de formation à l’autodétermination des usagers dominaient le marché. Elles laissent progressivement la place à des demandes de formations sur la transformation de l’offre, issues plus souvent des cadres que des professionnels de terrain. Cette évolution n’est pas spontanée, elle correspond aux préconisations / injonctions / priorisations des politiques d’Etat, et dans lesquelles les personnes concernées, au premier chef les personnes handicapées, mais aussi les professionnel.les, ont encore très peu de place.

Le risque d’une telle succession de priorisations, et de priorisations multiples, est d’oublier les précédentes. Dans le cas présent, ce serait par exemple d’oublier la préoccupation de l’autodétermination des personnes concernées. Bien sûr, cette préoccupation entre en ligne de compte dans la nouvelle préoccupation de transformation de l’offre, et celle-ci ne peut être conçue sans.  Mais de même que les formations à l’autodétermination se sont beaucoup dévoyées dans du conseil ou coaching de développement personnel, il y aussi des risques que les formation à la transformation de l’offre se dévoient dans un développement de la bureaucratie administrative de l’organisation, avec encore davantage de suivis, de contrôles, de justificatifs, dans la mise en place d’outils et d’instruments au service de la finalité et des exigences économiques et gestionnaires des structures, dans la recherche d’une perfection de fonctionnement au service du fonctionnement sans se soucier des usagers et justement de leur autodétermination.

Autant l’on peut être critique de l’instrumentalisation de la notion d’autodétermination se dévoyant dans le développement personnel, autant le principe même d’autodétermination comme droit et fondement de la condition de vie humaine est intangible, comme le rappellent les textes internationaux. Il serait dommageable, pour les personnes concernées, que les préoccupations, et les formations conséquentes, sur l’autodétermination, disparaissent complètement dans les nouveaux formats des formation à la transformation de l’offre, comme si la notion d’autodétermination était déjà un acquis professionnel.

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