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Président du Réseau Français sur le Processus de Production du Handicap (RFPPH) Formateur accrédité sur le modèle de développement humain-processus de production du handicap (MDH-PPH), et dans les domaine des droits et des politiques inclusives / administrateur organismes de formation et secteur médico-social / ancien cadre dans le secteur médico-social et formateur
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lundi 9 mars 2026

les exclus de l'intérieur

 Les "exclus de l'intérieur"

Je reprends ici le titre d’un article de Pierre Bourdieu et Patrick Champagne, publié dans l’ouvrage dirigé par le premier, La misère du monde (Editions du Seuil, 1993). L’article (p.913-923) ne porte pas sur les élèves en situation de handicap, mais sur l’organisation du système éducatif qui s’est massifié à partir des années 1950, et la répartition des élèves dans les différentes filières du système, et en particulier sur les affectations des élèves issus des milieux populaires. La « démocratisation » du système restait un leurre : elle a bien mis les ex-exclus du système à l’intérieur du système, mais en les marginalisant dans la distribution des filières. La diversification des filières dans une forme d’exclusion à l’intérieur du système s’est traduite de différentes façons : hiérarchisation des établissements scolaires, filières administratives, mais aussi institution des classes de transition ou des SEGPA. « L’école exclut comme toujours, écrivent les auteurs, mais elle exclut désormais de manière continue, à tous les niveaux de cursus, et elle garde en son sein ceux qu’elle exclut, se contentant de les reléguer dans des filières plus ou moins dévalorisées » (p.921). Sous couvert de démocratisation de l’école, il y a bien relégation de populations scolaires dans certaines filières, ce qui constitue ce qu’ils appellent une exclusion de l’intérieur.

mardi 17 janvier 2023

"c'est l'heure de l'inclusion !"

"C'est l'heure de l'inclusion !"

Pour un élève en situation de handicap, scolarisé dans une ULIS (Unité localisée pour l’inclusion scolaire) ou dans une UEE (Unité d’enseignement externalisée) au sein d’un établissement scolaire, pour certaines activité, pour certaines heures, « c’est l’heure de l’inclusion ». C’est le temps ou l’élève, en réalité scolarisé dans son dispositif spécialisé, en sort pour rejoindre une classe « non spécialisée », « ordinaire ». Cela peut se reproduire plusieurs fois dans la semaine. Symboliquement, il n’est pas dans la classe qu’il rejoint, il y va, il se déplace, il sort de ce à quoi il est identifié et il s’identifie. Pour l’élève concerné, « c’est l’heure de l’inclusion » comme « c’est l’heure de l’orthophoniste », ou « c’est l’heure du psychologue ». Mais s’il faut indiquer ainsi qu’il y a un temps pour l’inclusion, c’est indiquer aussi, et l’admettre, qu’il y a un temps, souvent majoritaire, pour la non-inclusion, autrement dit pour la présence et l’organisation dans un dispositif ségrégatif. Autrement dit, on se satisfait de cette situation étrange qui veut que l’obligation de scolarisation des élèves dans l’école ordinaire souffre de dérogations ségrégatives pour certaines catégories d’entre eux. On va même parfois célébrer cette organisation comme une modalité inclusive.