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Président du Réseau Français sur le Processus de Production du Handicap (RFPPH) Formateur accrédité sur le modèle de développement humain-processus de production du handicap (MDH-PPH), et dans les domaine des droits et des politiques inclusives / administrateur organismes de formation et secteur médico-social / ancien cadre dans le secteur médico-social et formateur

jeudi 17 septembre 2026

des situations de handicap

 Des situations de handicap

La notion, aujourd’hui clairement conceptualisée, de situation(s) de handicap constitue une avancée significative dans la compréhension et les explications des situations vécues par les personnes handicapées. La notion, formalisée dans le MDH-PPH (modèle de développement humain – processus de production du handicap, RIPPH, 1998, 2018) a permis de sortir d’une assignation rédhibitoire des problèmes rencontrés aux personnes concernées, et à elles seules, et de penser les situations de vie rencontrées par les personnes comme le résultat (la production) d’une interaction entre des caractéristiques personnelles (identitaires, systèmes organiques, aptitudes) et les caractéristiques environnementales dans lesquelles la personne évoluait.

Une situation de handicap définie comme la restriction, voire l’impossibilité de réalisation d’une habitude de vie, n’est plus l’attribut d’une personne comme cela l’était avec le concept de handicap ou de personne handicapée (encore faudrait-il revenir sur cette dernière formulation, qui a aussi un certain intérêt), mais le produit écosystémique de l’interaction entre une personne et son environnement. Une personne dite handicapée peut ne pas rencontrer de situation de handicap dans une habitude de vie dès lors qu’un aménagement lui permet de réaliser cette habitude de vie, de même qu’elle n’est pas en situation de handicap pour d’autres habitudes de vie. Une personne en fauteuil rencontrera des situations de handicap pour ses déplacements si son environnement n’est pas aménagé ; elle ne rencontre pas de situation de handicap dans sa communication par exemple. Une personne dite valide peut rencontrer des situations de handicap (même si ce n’est pas la terminologie employée) dès lors que l’environnement met des obstacles à la réalisation d’une de ses habitudes de vie.

Les situations de handicap ne sont plus définies « dans » la personne (une situation de handicap n’est pas l’équivalent de la déficience ou d’une incapacité), mais dans la réalisation plus ou moins possible, en situation de vie, des habitudes de vie de la personne. Lorsqu’une personne ne peut pas aller faire ses courses à la supérette voisine parce qu’il y a trop d’obstacles sur les trottoirs pour lui permettre d’utiliser son fauteuil roulant, il y a une situation de handicap. On peut dire que cette personne rencontre une situation de handicap, mais pas que c’EST une personne en situation de handicap. Si un enfant ne peut pas aller à l’école, parce que l’école refuse (encore et trop souvent) d’accueillir cet enfant handicapé, il y a une situation de handicap vécue par cet enfant. Dans ce cas, bien évidemment, la situation n’est pas « dans » l’enfant qui aurait un trouble ou des incapacités, mais dans l’école qui ne se donne pas les moyens (matériels ou politiques) de l’accueil.

La situation de handicap ne qualifie ni la personne, ni l’environnement, mais ce qui se passe entre les deux, dans certaines des habitudes de vie des personnes. Elle qualifie une habitude de vie qui ne peut pas être réalisée (situation de handicap) ou qui peut l’être (situation de participation sociale). A ce titre, il n’y a pas de personnes en situations de handicap, mais simplement des situations de handicap rencontrées ou vécues par des personnes. L’utilisation dans le langage courant, comme c’est devenu le cas aujourd’hui, de la formulation « personne en situation de handicap » est ambigüe et paradoxale : c’est comme si cette formulation faisait un retour en arrière, en qualifiant les personnes, en les ontologisant même, comme étant les facteurs principaux, voire uniques, de leur situation. Comme si le handicap appartenait toujours à la personne. En témoignent des expressions comme « situation de handicap moteur », qui nient en quelque sorte la définition de ce qu’est une situation, pour attribuer celle-ci à la personne. Quand on parle de la personne, ne vaut-il pas encore mieux parler de « personne handicapée », ou de « personne dite handicapée », et consacrer les termes de « situations de handicap » à la seule description de situations ou habitudes de vie de la personne, c’est-à-dire ne plus utiliser l’expression « personne en situation de handicap » ?

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