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J'ai d'abord exercé comme enseignant spécialisé auprès de jeunes sourds. J'ai ensuite exercé différentes missions d'encadrement dans des établissements et services du secteur médico-social. Parallèlement, j'ai été formateur dans différents organismes. J'ai publié de nombreux articles dans des revues professionnelles, et un ouvrage aux éditions l'Harmattan en 2004.
Je suis en retraite depuis l'été 2016, et ressource disponible (gracieuse) : conférences, formations dans les domaines de recherche suivants : (école inclusive, approches conceptuelles du handicap, surdité, etc...)
Je suis administrateur d'une association régionale de formation en travail social depuis 2016.
Je suis actuellement en cours de certification en tant que formateur sur le Processus de Production du Handicap (PPH) dans le cadre du Réseau International du PPH (RIPPH)


vendredi 1 juin 2018

faut-il un certificat médical pour acheter une bicyclette ?

Faut-il un certificat médical pour acheter une bicyclette ?


Sauf cas exceptionnels peut-être, lorsqu’une personne a besoin, pour se déplacer (pour son travail, ses loisirs, sa vie quotidienne), d’une bicyclette, et s’il en a les moyens, il va l’acheter. Lorsqu’une personne qui a une déficience motrice, a besoin, pour les mêmes raisons, d’un fauteuil roulant, indépendamment des raisons économiques, il devra obtenir un certificat médical attestant de sa déficience pour que la société puisse prendre en compte son besoin (par tout ou partie du financement).

Comparaison ne vaut certes pas raison. Mais cette question m’a été suggérée à la lecture de l’ouvrage de Patrick Sureau (Relation de soin et handicap) qui pose cette question dans une problématique philosophique des rapports entre le handicap avec le modèle médical. La comparaison a l’intérêt de mettre en évidence la dépendance des personnes handicapées (en raison d’une déficience, d’une maladie ou d’un trouble) envers la médecine pour pouvoir accéder aux droits de la participation sociale « équivalents » à ceux des personnes non handicapées.

On a beau afficher notre préoccupation de prendre en compte la situation de ces personnes d’un point de vue systémique ou éco-systémique, rien n’y fait : on est toujours renvoyé à une approche qui met au premier plan la déficience et les caractéristiques personnelles dans la restriction de participation sociale des personnes handicapées.

Bien évidemment, il y de multiples raisons de maintenir ce contrôle médical. Le guide-barême pour l’évaluation des déficiences et incapacités des personnes handicapées du code de l’action sociale et des familles constitue la seule porte d’entrée d’accès aux droits, même si cette porte est complétée par d’autres indicateurs. En termes d’accompagnements, la logique conséquente conduit à mettre l’accent sur des réponses thérapeutiques (réadaptation, soins), à ancrer les interventions professionnelles dans un secteur médico-social qui se sanitarise fortement depuis son organisation dans les Agences régionales de santé.

Tout concourt en définitive à instituer que la personne handicapée est encore définie par ses déficiences et ses incapacités. S’il fallait déterminer, puisque cette détermination engage la société entière dans la prise en charge financière, la hauteur des besoins d’une personne handicapée qui a besoin de se déplacer, il me semble que, s’agissant ici d’une habitude de vie, d’une activité « sociale », un travailleur social serait le plus à même d’en juger avec la personne concernée. Et dans cette approche, il resterait à savoir s’il faut encore un certificat médical.

L’approche des interventions (prise en charge, réadaptation, accompagnement) auprès personnes handicapées naquit et fut développée à partir de problématiques de traitement et de soin, auxquelles se sont rajoutées progressivement des problématiques éducatives et sociales. Il serait peut-être temps de renverser le sens des approches. Et de voir les personnes handicapées d’abord comme sujets de droit (ce que préconise la convention onusienne relative aux droits des personnes handicapées) et non objets de soins. Non pas que les soins, au sens large du terme, soient à bannir, mais qu’ils soient au service des la maximisation des activités de participation sociale, et en fonction des projets des ces personnes.

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