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J'ai d'abord exercé comme enseignant spécialisé auprès de jeunes sourds. J'ai ensuite exercé différentes missions d'encadrement dans des établissements et services du secteur médico-social. Parallèlement, j'ai été formateur dans différents organismes. J'ai publié de nombreux articles dans des revues professionnelles, et un ouvrage aux éditions l'Harmattan en 2004.
Je suis en retraite depuis l'été 2016, et ressource disponible (gracieuse).
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jeudi 10 mars 2016

"Ils n'ont rien à faire dans ma classe"

« Ils n’ont rien à faire dans ma classe »

L’acceptation d’élèves en situation de handicap dans les classes dites « ordinaires » n’est pas toujours facile, et on aurait tendance attribuer cette difficulté aux caractéristiques des élèves en question. Et il est des situations où c’est vrai : un élève extrêmement violent (et sans aide humaine) ou un élève sourd (et sans accessibilité langagière), etc. Mais il est de nombreux exemples où ce ne sont pas les caractéristiques des élèves qui font obstacle, mais les caractéristiques d’enseignants qui refusent ces élèves.

Dans un collège qui accueillait depuis plusieurs années des élèves dysphasiques

dont les difficultés de langage ne les empêchaient pas pour autant d’avoir des relations sociales satisfaisantes (leurs problèmes étaient plutôt dans les rythmes d’apprentissage et dans la langue écrite), au sein d’un dispositif externalisé d’Unité d’Enseignement d’un établissement médico-social, il fut question un jour de favoriser la participation sociale en les mettant dans certains cours d’Education Physique et Sportive, sans accompagnement particulier, là où auparavant ils avaient des cours de cette discipline avec un « enseignant spécialisé » (ou parfois ils étaient accompagnés par ce même enseignant dans ces cours).

De mon point de vue, et connaissant ces élèves, ayant affaire à eux pour diverses situations, y compris des situations délicates parfois, j’avais estimé, et j’estime toujours, qu’ils étaient tout à fait capables de tirer profit d’une telle participation. Et que les enseignants d’EPS, sans même beaucoup modifier leur pratique (si ce n’est peut-être utiliser moins d’écrit avec eux), étaient tout à fait à même de contribuer à une inclusion de qualité de ces élèves, qui pourraient ainsi gagner en participation et en compétences sociales.

Un des enseignants d’EPS s’insurgea violemment contre une telle initiative : « Ils n’ont rien à faire dans ma classe, je ne suis pas compétent pour ces élèves, je n’ai pas la formation spécialisée, il leur faut une classe et un enseignement spécialisés. Si la MDPH les met en établissement spécialisé, ce n’est pas pour rien, ils ont des besoins auxquels je ne pourrai pas répondre ».

Je n’ai toujours par compris de quels besoins il s’agissait, concernant la relation humaine avec d’autres élèves et avec l’enseignant, ni non plus concernant les gestes pédagogiques nécessaires spécifiquement pour ces élèves dans les cours d’EPS.

J’ai mieux compris lorsqu’il a rajouté : « Et d’ailleurs dans mes classes, il y en a pas mal qui seraient beaucoup mieux chez vous [classe spécialisée de l’établissement médico-social] ». En réalité, ce que refusait cet enseignant, c’étaient les élèves qui ne répondaient pas à sa norme d’élèves de collège. Finalement, lui aussi s’était spécialisé : spécialisé pour bons élèves (à la rigueur les moyens aussi). Mais les autres (en difficultés, mauvais élèves, ou élève handicapés) n’y avaient pas leur place.

Et son discours fut approuvé par les responsables du collège ! Vous avez dit école inclusive ?

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