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J'ai d'abord exercé comme enseignant spécialisé auprès de jeunes sourds. J'ai ensuite exercé différentes missions d'encadrement dans des établissements et services du secteur médico-social. Parallèlement, j'ai été formateur dans différents organismes. J'ai publié de nombreux articles dans des revues professionnelles, et un ouvrage aux éditions l'Harmattan en 2004.
Je suis en retraite depuis l'été 2016, et ressource disponible (gracieuse).
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mardi 21 juin 2016

l'inclusion est un sport de combat

L'inclusion est un sport de combat

L’inclusion est un mot d’ordre partagé mais une pratique rencontrant des résistances énormes auxquelles il est nécessaire de se confronter.

Les UPI (Unités Pédagogiques d’Intégration) se sont transformées en ULIS (Unités Localisées pour l’Inclusion Scolaire), terminologie générique désormais pour l’école et le second degré. Dans le même temps, on a vu apparaitre le terme de temps partagé pour des élèves des établissements médico-sociaux qui étaient en partie scolarisés dans des classes des établissements scolaires. Mais dans les pratiques, beaucoup de choses sont restées identiques et les changements nécessaires constituent en réalité une révolution et un sport de combat !


Prenons le cas des UPI/ULIS. Dans l’UPI, une jeune en situation de handicap était orienté/affecté dans le dispositif, qui malgré sa terminologie novatrice par rapport à la terminologie des CLIS (Classes d’intégration) restait encore bien souvent une classe. Son coordonnateur tentait tant bien que mal d’extraire les élèves du dispositif pour les « intégrer » dans une discipline d’une classe du collège. Dans les faits, lui seul ou presque était responsable de cette intégration. Avec les ULIS, et même si encore trop souvent les pratiques et les représentations restent encore celles des premières UPI, l’esprit change : l’élève est bien toujours orienté/affecté vers une ULIS, mais il devient avant tout un élève du collège qui a des besoins particuliers, dont certains doivent être pris en compte dans l’ULIS. C’est donc le principal du collège, avec l’aide de son coordinateur ULIS, qui devient le responsable du parcours de scolarisation de cet élève. De cette manière les élèves en situation de handicap passent dans le droit commun, avec les aides appropriées dont dispose l’ULIS.

Avec des jeunes des établissements médico-sociaux élèves en temps partagé dans un établissement scolaire, la problématique est semblable. Le temps partagé prend la suite des classes externalisées, délocalisées, en développant des temps de cours dans les classes de l’établissement scolaire. Mais c’est une suite qui fait rupture. La classe externalisée laissait le parcours scolaire sur la responsabilité des experts du médico-social, sans que par exemple le principal du collège ne puisse intervenir sur les parcours de scolarisation. A partir de la classe externalisée, lorsqu’on réalisait quelque intégration, c’était presque toujours à l’initiative des spécialistes, dont le savoir s’imposait pour déterminer ce qui était intégrable ou ce qui ne l’était pas. Avec la notion de temps partagé, la responsabilité du parcours scolaire passe (ou devrait passer), au moins en coresponsabilité au responsable de l’établissement scolaire. Si l’on veut penser l’école inclusive, la responsabilité du parcours devrait même être de ce côté.

L’école inclusive est un combat de tous les jours pour que les responsables des établissements scolaires et les enseignants se sentent responsables des parcours de scolarisation des élèves en situation de handicap, qu’ils soient affectés en ULIS ou en temps partagé avec une Unité d’Enseignement, et dans le même temps pour que les spécialistes du secteur médico-social puissent et osent confier cette responsabilité à l’école, en se délestant par conséquent de certaines de leurs prérogatives issues de leur histoire. Et ceci au quotidien et à tous les niveaux.


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