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J'ai d'abord exercé comme enseignant spécialisé auprès de jeunes sourds. J'ai ensuite exercé différentes missions d'encadrement dans des établissements et services du secteur médico-social. Parallèlement, j'ai été formateur dans différents organismes. J'ai publié de nombreux articles dans des revues professionnelles, et un ouvrage aux éditions l'Harmattan en 2004.
Je suis en retraite depuis l'été 2016, et ressource disponible (gracieuse) : conférences, formations dans les domaines de recherche suivants : (école inclusive, approches conceptuelles du handicap, surdité, etc...)
Je suis administrateur d'une association régionale de formation en travail social depuis 2016.
Je suis actuellement en cours de certification en tant que formateur sur le Processus de Production du Handicap (PPH) dans le cadre du Réseau International du PPH (RIPPH)


lundi 26 février 2018

lecture : "ni fou ni gogol"

"Ni fou ni gogol". Orientation et vie en ITEP  
de Hugo DUPONT, (PUG, 2016)

Extrait de la présentation : « Ni fou, ni gogol ! » : c’est ainsi que se qualifient les enfants et adolescents accueillis en institut thérapeutique, éducatif et pédagogique (ITEP). Ces jeunes présentent un comportement perçu comme déviant par les professionnels des secteurs scolaire, social et médico-social, et sont réputés non scolarisables dans le milieu ordinaire… L’auteur tente de comprendre comment la mise à l’écart de ces jeunes est légitimée et présente le travail de normalisation effectué par les ITEP : soulagement de la souffrance psychique tenue pour responsable des troubles du comportement d’une part, rééducation d’autre part. »

Pour ces jeunes dits « à troubles du comportement », l’auteur fait ressortir avec une grande évidence le processus qui met un jeune qui perturbe l’ordre scolaire, ordre scolaire qui ne convient pas à un certain nombre d’élèves, dans une position impossible de « choix » entre se conformer à cet ordre ou en être exclu ; tandis que l’école (et son ordre scolaire) n’est pas contrainte de s’interroger sur les raisons de ce dysfonctionnement qui pourraient tenir à son fonctionnement et à ses propres normes.

Si ces jeunes sont inadaptés à l’école, celle-ci est également inadaptée à ces jeunes. Pour justifier l’exclusion conséquente de cette inadaptation réciproque, la déviance, qui se manifeste pas des actes et des conduites répréhensibles, est transformée en maladie psychique, en déficience psychique, en incapacité à suivre une scolarité ordinaire en raison de la souffrance psychique de cet enfant, étiquetée désormais administrativement par le handicap psychique. « Le jeune ne peut donc pas rester à l’école, non pas parce qu’il pose trop de problèmes mais parce qu’il n’en est pas capable. De la catégorie d’enfant perturbateur, il passe à celle d’enfant perturbé. »

Ce que l’auteur démontre dans cet ouvrage concernant les jeunes qui présentent des troubles du comportement se retrouve aussi dans les processus de médicalisation ou de psychologisation de la difficulté de scolarisation des enfants en situation de handicap à l’école. Lorsque les déficiences sont plus « objectivables », le processus « d’exclusion » de l’école s’appuie sur ces critères plus « objectifs » relatifs à la déficience. Mais pour des situations moins « objectivables » comme les troubles des apprentissages, on trouve une grande analogie avec ce que décrit cet ouvrage. Ces jeunes qui rencontraient de grandes difficultés à l’école, qui ne rentraient pas dans l’ordre scolaire des modalités d’apprentissage, se trouvent désormais qualifiés d’une déficience et d’un « trouble des apprentissages » (les familles des « dys » en particulier), qui attribuent à l’individu et à ses caractéristiques personnelles les raisons essentielles des dysfonctionnements rencontrés.

La lecture de cet ouvrage serait profitable non seulement à tous les professionnels travaillant avec les jeunes avec troubles du comportement, mais également avec les jeunes en situation de handicap.

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