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J'ai d'abord exercé comme enseignant spécialisé auprès de jeunes sourds. J'ai ensuite exercé différentes missions d'encadrement dans des établissements et services du secteur médico-social. Parallèlement, j'ai été formateur dans différents organismes. J'ai publié de nombreux articles dans des revues professionnelles, et un ouvrage aux éditions l'Harmattan en 2004.
Je suis en retraite depuis l'été 2016, et ressource disponible (gracieuse).
Je suis actuellement administrateur d'une association régionale de formation en travail social

vendredi 5 mai 2017

la LSF à la radio

La LSF à la radio

Depuis quelque mois (novembre 2016), Marion Le Tohic, interprète en langue des signes française, est présente sur France Inter, dans le 7/9 de Patrick Cohen, pour traduire quelques chroniqueurs. Evidemment, il faut regarder la radio sur son site internet. Qu’une radio ait pris une telle initiative est le signe de la reconnaissance de la place légitime de la langue des signes dans la « culture » française. On a vu également dans la campagne présidentielle la présence plus importante de traductions en langue des signes (même si tous les candidats n’ont pas fait le même effort, et ceci indépendamment de leurs moyens financiers).


On peut se satisfaire de cette plus grande présence de la prise en compte de la langue des signes, et par-delà la plus grand prise en compte des personnes sourdes, dans le monde de la culture (bien au-delà la radio), dans le monde politique, et également dans le monde universitaire et de la recherche. Mais malheureusement, cet intérêt, qui s’affiche, se voit et parait ainsi partagé, est en contrepoint d’un persistant rejet historique de la langue des signes dans d’autres mondes. 

Pour le monde sanitaire en premier lieu, la surdité est encore une maladie qui doit faire l’objet d’une prévention, d’un diagnostic et d’un traitement dans le registre médical et para-médical. Le dépistage systématique néonatal, les préconisations de plus en plus nombreuses et précoces d’une implantation cochléaire, les prescriptions d’orthophonie pour faire l’apprentissage de la langue orale, la dissuasion encore prégnante (par absence d’informations ou par injonctions) de l’utilisation de la langue des signes, etc. dressent un tableau peu réjouissant de la manière de considérer les caractéristiques et les particularités des personnes sourdes dans la perspective de leur participation sociale dans la société.

Le monde médico-social se situe à la remorque de cette approche, et ceci d’autant plus qu’il est depuis quelques années encore plus ancré dans le sanitaire (ARS). On entend régulièrement des professionnels, responsables ou de terrain, supputer de l’évolution de l’éducation des jeunes sourds (« tu ne crois pas qu’avec les implants, bientôt il n’y aura plus besoin de la langue des signes ? »). L’activité thérapeutique s’est développée au détriment de l’activité éducative et en concurrence avec l’activité scolaire, ainsi que la préoccupation de « soin ». A tel point que de plus en plus, lorsque la langue des signes est utilisée, elle l’est comme moyen pour mettre en place la communication et la langue orale ou comme langue par défaut.

Le monde de l’éducation (nationale), s’il reconnait dans ses textes la place de la langue des signes, peine à mettre en œuvre une éducation bilingue, pour des raisons internes ou externes. Mais nombre d’acteurs de l’éducation, y compris des responsables, ont des réticences à reconnaitre cette langue avec ce que cela implique de la prise en compte des particularités.


Cette prévenance envers la langue des signes, que l’on retrouve dans tous ces mondes différents, réfère, en partie au moins, à l’impossibilité conceptuelle et psychosociale d’admettre des différences dans l’humanité, et d’admettre que ces différences ont droit de cité et de citoyenneté sans avoir besoin de les nier pour appartenir et faire partie de la société. Elle relève d’une conception d’une intégration assimilatrice, et non d’une inclusion respectueuse de l’autre.

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