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J'ai d'abord exercé comme enseignant spécialisé auprès de jeunes sourds. J'ai ensuite exercé différentes missions d'encadrement dans des établissements et services du secteur médico-social. Parallèlement, j'ai été formateur dans différents organismes. J'ai publié de nombreux articles dans des revues professionnelles, et un ouvrage aux éditions l'Harmattan en 2004.
Je suis en retraite depuis l'été 2016, et ressource disponible (gracieuse).
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jeudi 7 avril 2016

"Usagers, vous serez bien soignés !"

« Usagers, vous serez bien soignés ! »

Les établissements médico-sociaux dépendent, depuis la loi HPST (hôpital, patients, santé, territoires) de 2009 des Agences Régionales de Santé. Celles-ci font des enquêtes flash afin d’avoir une première évaluation de la mise en œuvre par l’établissement des préconisations qui importent dans les priorités d’action établies. C’est à travers ce genre d’outils qu’on peut voir quelles sont les préoccupations prioritaires de l’administration qui pilote les établissements, priorités qui le deviennent aussi en cascade pour les responsables des établissements et pour les professionnels de terrain. C’est ce qu’on pourrait qualifier d’administration ou de politique technocratique.

Ainsi l’enquête Flash 2015 comporte 5 rubriques :


·  -   La qualité des accompagnements et des soins (existence d’un projet personnalisé, révision de ce projet, participation de la personne…). Etrange conception que de mettre l’expression des usagers dans la rubrique soins !
·    - La sécurité de l’établissement (évènements indésirables, gestion des risques de violence, maltraitance, contentions…)
· -  L’inscription de l’établissement dans son environnement (accès aux structures petites enfance, à la scolarisation, à la formation)
·     - La sécurité du circuit du médicament
·      - Un focus : accès aux soins et à la prévention (visites médicales, évaluations, bilans…)

En dehors de la troisième rubrique, qui manifeste une préoccupation d’un ancrage social, les autres rubriques sont délibérément soucieuses de problématiques sanitaires. La loi du 11 février 2005 mettait en avant la participation des personnes handicapées, ou en situation de handicap, leurs droits, leurs ancrages dans les environnements sociaux de tous, l’école, la formation, le travail, le logement, les transports, … et la santé. Un établissement médico-social était un établissement de vie (ou d’éducation), où il fallait se préoccuper, de manière sans doute plus vigilante, de santé et de soins.

A la lecture de ces rubriques, on peut penser que les établissements médico-sociaux deviennent des établissements de soins, dans lesquels, accessoirement, on vit aussi, on éduque aussi ! A l’image de l’hôpital, également piloté par les ARS, la préoccupation sanitaire (prévention, soins, santé) devient prédominante, reléguant les problématiques et les préoccupations « sociales » comme des éléments subsidiaires. La personne en situation de handicap redevient un patient dans les préoccupations de l’administration et des directions des établissements, après avoir été un usager et bien loin ici de devenir un citoyen. Les usagers seront biens soignés et, dit l’expression, « les vaches seront bien gardées » !


A travers cette « police administrative » des établissements, c’est toute une culture de l’usager à soigner qui se met en place, en lieu et place d’une culture de participation et de citoyenneté. Et ce n’est pas la participation à son projet ou à un groupe d’expression qui le mettre en situation d’accès à la citoyenneté dans l’environnement de tous.

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